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Gou blog

 4 février 2011

Paranoïa, utopie et Web social au gouvernement...

Vous devez tous connaître l'impression lorsque l'on quitte un emploi, c'est après votre départ que tout semble enfin bouger. Eh bien, c'est un peu ce que je vis en ce moment...

Après m'être battu corps et âme pour faire entrer l'utilisation des médias sociaux (sans grand succès, en plus) dans mon ancien ministère, bien voilà qu'on dirait que tous commence à s'y mettre.

J'ai la joie d'être encore abonné à la liste des Webmestres du gouvernement du Québec et cette semaine il y a eu un message de la part d'un membre désirant savoir ce qui se fait dans le domaine. Mouais, il y a eu plus de gens qui voulaient connaître les réponses qui ont écrit que de gens qui répondaient à la question, mais quand même, ça avance un peu.

De plus, il y a le groupe sur Facebook, eGouv Québec, démarré par un collègue qui se fait de plus en plus actif. On y retrouve plein d'infos qui peuvent concerner les gens du gouvernement, le tout sur Facebook et Twitter. Bref, ça commence enfin à bouger au gouvernement du Québec.

Malgré tout, on sent une certaine gêne, une timidité de publier sur ces médias. Là où je suis maintenant, c'est un peu différent. Il y a des groupes Facebook, des profils Twitter, mais à plus petite échelle. Par exemple, certaines unités ou certains groupes brigades (comme le 5 GBMC) possèdent un profil Facebook relativement actif.

Il n'en demeure pas moins que les gens des grosses organisations ont une incompréhension face à ces outils. Généralement, j'ai cru déceler deux réactions: la paranoïa et l'utopisme.

Paranoïa

Il s'agit de la réaction la plus commune dans de grosses organisations. Elle se traduit à tous les niveaux, du plus bas au plus haut. En bas, on de dit que l'on doit demander à tous les échelons une autorisation écrite en 5 copies, avec sceau papal et recommandation divine avant de penser à l'idée de rêver à l'utilisation de, par exemple Twitter.

Tout d'un coup qu'une faute serait publiée dans un texte de 140 caractères.

L'univers nous en voudrait.

Les journalistes nous tomberaient dessus à bras raccourcis, hein?

Le patron nous en voudra de ne pas avoir fait autoriser ce Tweet, tout d'un coup que cette info (je répète, en 140 caractères) ne devait pas être diffusée.

En haut, c'est un autre problème. On se dit que les gens vont écrire n'importe quoi, qu'il va y avoir des commentaires. Merde. Les gens vont commenter ce qu'on écrit. Il ne faut pas!

Et si le commentaire était négatif, comment pourrions-nous gérer ça? Une véritable situation de crise!

Mélangez ces deux points de vue, du bas, qui ne veulent pas avancer sans des autorisations, et en haut, qui ne veulent pas rien dire ou se faire dire, et on retrouve le gouvernement et son immobilisme de granite.

L'utopie

L'autre point de vue, c'est l'utopie. Les médias sociaux, c'est la panacée, la solution à tous nos problèmes, le nirvana du Web. Ben oui, c'est ça!

Cette réaction est plus visible au privé, mais parfois dans certains cas isolés au gouvernement. On pense qu'en faisant une page Facebook, tout le monde va tripper su tel programme insignifiant qui vise 0.000001% de la population. C'est certain.

D'autres vont croire que de publier des vidéos sur YouTube va donne une super visibilité à l'organisation. Encore faut-il en avoir des vidéos!

Le juste milieu

Comme dans n'importe quoi, rien ne vaut le juste milieu. Or, c'est difficile d'être neutre dans ce dossier. On doit tellement pousser parfois pour atteindre ce milieu qu'on se fait traiter d'extrémiste!

Mais pourquoi tant vouloir nos organisation embarquer sur les médias sociaux? me direz-vous.

Je crois humblement que les organisations gouvernementales, pas toutes, mais certaines, ont un véritable avantage à court terme à tirer de ces médias sociaux. À long terme, tous en profiterons, mais il ne faudra pas trop tarder, car il y a une problématique majeure qu'il faut considérer: le facteur humain.

On dit souvent que la population est vieillissante au Québec, bien c'est la même chose au gouvernement: les fonctionnaires prennent leur retraite de plus en plus. Youppi! du sang neuf diront certains, mais aussi une perte majeur de connaissances.

Où est le lien avec les médias sociaux et les nouvelles approches de communication? Simple, si on veut profiter au maximum de ces réseaux sociaux, ceux qui ont les connaissances devraient être impliqués rapidement pour apprendre à les utiliser.

J'ai assisté, il y a quelques années, à une conférences de Thought Farmer, au WebCom. Cette présentation m'a fait réaliser à quel point nous sous-estimons les savoirs qui demeurent dans la têtes des gens et qui ne sont pas diffusés. Les médias sociaux, utilisés ici en intranet, combinés avec des approches de gestion efficaces, pourraient être une partie de la solution à ce problème de perte de connaissances dans les organisations.

Il importe que nos gouvernements prennent vite le pas et entrent de plein pied dans les médias sociaux. Non pas pour la promotion ou pour diffuser uniquement des communiqués de presse, mais surtout pour apprendre à maîtriser le mot clé de l'expression: social.

On devra de plus en plus permettre aux gens de connecter, d'échanger et de formaliser des savoirs tacites afin de les rendre explicites. Plus il y aura de gens qui maîtriseront les médias sociaux dans nos organisations, plus on sera en mesure d'adapter nos façons de faire internes.

Je suis content de voir que certains continue d'avancer, de pousser pour que les organisations fassent leur entrée dans le 21e siècle. Ce n'est pas facile, certains s'épuisent. J'étais las de devoir pousser, forcer.

Je ne peux qu'encourager mes collègues qui travaillent de leur côté et saluer leur courage. Peut-être verrons-nous enfin nos organisation évoluer tranquillement dans le bon sens en 2011. Suffisait-il que je parte un an pour qu'enfin les choses bougent? Seul l'avenir nous le dira!

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Écrit par Thierry Goulet 19:19

2 Commentaire(s)

Sais-tu que Gou est un dieu Vodou ?

Par Anonymous Anonyme, à 9:00 PM  

C'est bon à savoir... ;-)

Par Blogger Gou, à 8:45 AM  

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