6 petits trucs faciliter vos tests d’utilisabilité sur mobile

Je n’en suis pas à mes premières armes pour ce qui est des tests d’utilisabilité. Ça faut plusieurs fois que j’ai à en réaliser et superviser dans le cadre de mon travail, mais la dernière volée de tests effectués pour un projet en cours était fort différente: il fallait tester l’interface sur mobile!

Tout d’abord, on parle de tests effectués dans le cadre d’un projet pour améliorer l’interface utilisateur d’un site Internet, pas de tests dans un but scientifique ou desquels vont découler un rapport complet. Nous avions un délai très court, un budget restreint et une capacité limitée. Ainsi, nous avons réalisé ces tests dans nos locaux, avec notre propre personnel, sans enregistrer le tout sur caméra ou bien logiciel de capture d’écran… à la bonne franquette, quoi! (mais tout de même structurés, hein!)

Alors, des tests sur mobile, y’a rien là, z’allez dire! C’est juste un test sur un appareil différent… Ben, oui, effectivement, c’est pas sorcier. Malgré tout, il y a des choses à prendre en considération pour maximiser les résultats…

1. Trouvez PLUSIEURS appareils pour faire vos tests

Nous devions mettre la main sur un appareil mobile pour faire les tests et j’ai réussi à obtenir (grâce à la collaboration de mes collègues) deux appareils, un iPhone 5s et un Samsung Galaxy Mega (une phablette). Ce fut là le meilleur des deux mondes!

Nous avons pu offrir à nos participants la technologie avec laquelle ils étaient la plus à l’aise. Bien que ça puisse paraître anodin, on ne veut pas tester le système d’exploitation, mais plutôt notre site.

Le meilleur exemple est la manière dont Android gère l’affichage des boîtes déroulantes (select) versus iOS 7. Complètement différent!

À gauche, l’affichage d’une boîte de sélection (select) dans une interface Android et à droite, dans iOS 7. On note une grande disparité entre les deux interfaces.

2. Faites un test sur les appareils en question

Tout bon spécialiste UX qui se respecte qui prépare des tests d’utilisabilité sait qu’il faut faire un premier dry-run pour s’assurer de la viabilité de nos tests et des interfaces… Eh bien, en ouvrant le site sur un vrai iPhone (et non pas en ne faisait qu’un changement de taille de fenêtre de fureteur), on s’est bien rendu compte que le texte était beaucoup trop petit!

Rien de mieux que de tester sur un appareil plutôt que de faire de l’émulation! On remarque alors plein de petits trucs auxquels on avait pas pensé (l’utilisation d’une interface tactile a aussi un impact non négligeable).

3. Ne présumez de rien

On croit, à tort, que certains comportements ou des habitudes de navigation sont si fortement ancrées que c’est la base même de tout. Vous vous trompez. Dans le cadre de nos tests, AUCUN utilisateur n’a utilisé le logo du site (le classique «Québec drapeau» du bandeau programme d’identification visuelle) sur mobile. Pour revenir à la page d’accueil, ils ont tous préféré utiliser la fonction de retour du navigateur (que j’ai moi même longuement cherché sur iOS…)

4. Vous devrez vous lever pour voir l’utilisateur en action!

Dans le test sur ordinateur standard, l’utilisteur avait son propre écran pendant que les observateurs voyaient une copie sur l’écran du portable utilisé pour le test. Cet aménagement n’était pas possible pour l’appareil mobile.

À moins que vous ne connaissiez un moyen de diffuser sur un écran (sans coûts ni trucs bizarres) ce que l’utilisateur fait, vous devrez vous lever et aller derrière l’utilisateur pour le voir travailler sur son écran. De plus, puisque le doigt de l’utilisateur est son principal moyen d’interagir avec l’interface, il nous faut voir celui-ci en action. Sur l’ordinateur standard, le curseur se déplace et on voit les gestes de l’utilisateur.

Ainsi, les observateurs doivent se lever et, petit hic, ça cause un léger inconfort au participant… il a plein de gens qui regardent derrière son épaule.

5. Vos participants DOIVENT être familiers avec la navigation sur appareils mobiles

Dans le cadre de nos tests, nous avons remarqué deux types fort différents d’utilisateurs: ceux qui utilisent parfois un appareil mobile pour naviguer, et les utilisateurs réguliers et expérimentés.

L’incidence est importante. Un utilisateur qui utilise de façon régulière un appareil mobile pour accéder à Internet aura une façon tout à fait différente d’utiliser le site. Il sera à même d’utiliser des fonctions de base de l’interface (ex. pinch in / pinch out) et connaîtra les conventions inhérente au design de sites pour mobile (du moins, les quelques conventions reconnues).

L’utilisateur moins habitué sera parfois surpris de certaines réactions de l’interface ou hésitera longuement (cette fameuse peur qu’ont les utilisateurs de «briser» le site)…

Encore une fois, ce que l’on veut tester, c’est le site, pas l’appareil. Si l’utilisteur n’est pas un habitué, il va hésiter par manque de connaissance et non parce que votre interface est problématique. Malgré tout, on doit reconnaître qu’une bonne proportion de nos utilisateurs finaux seront dans cette catégorie. On doit leur faciliter la vie, mais on ne peut pas les prendre par la main non plus…

Il faut donc être judicieux dans la proposition de correctifs. Certains seraient peut-être superflus car liés à cette inexpérience…

6. Planifier des scénarios spécifiques pour le mobile

Planifiez des scénarios pour l’appareil standard et d’autres pour l’appareil mobile, surtout si vous utilisez un prototype. Ça va vous permettre d’avoir le contrôle sur ce qui devra être mis en place dans le site.

Les scénarios hybrides vont nécessiter que le contenu soit à la fois optimisé pour le site standard et pour la version mobile… ce qui peut complexifier le travail dans le prototype. Bien que le site soit adaptataif (RWD – Responsive Web design), des ajustements devront être faits. Bref, simplifiez-vous le travail, faites des scénarios spécifiques pour le mobile!

Bref…

Faire des tests d’utilisabilité sur mobile n’est pas si différent de tests sur ordinateur standard ou bien un bon vieux prototype papier très basse fidélité. Suivez ces quelques conseils, et vous serez mieux préparés…

Comme il est si bien dit, peu importe le test, s’il y en a au moins un, c’est toujours mieux que rien du tout! De plus, c’est parfois surprenant ce que l’on peut apprendre à voir un utilisateur sur son site Web!

Ainsi, j’espère que ces quelques petits trucs pourront aider ceux qui auront à planifier des tests d’utilisabilité qui engloberont un volet sur appareils mobiles.