Paranoïa, utopie et Web social au gouvernement…

Vous devez tous connaître l’impression lorsque l’on quitte un emploi, c’est après votre départ que tout semble enfin bouger. Eh bien, c’est un peu ce que je vis en ce moment…

Après m’être battu corps et âme pour faire entrer l’utilisation des médias sociaux (sans grand succès, en plus) dans mon ancien ministère, bien voilà qu’on dirait que tous commence à s’y mettre.

J’ai la joie d’être encore abonné à la liste des Webmestres du gouvernement du Québec et cette semaine il y a eu un message de la part d’un membre désirant savoir ce qui se fait dans le domaine. Mouais, il y a eu plus de gens qui voulaient connaître les réponses qui ont écrit que de gens qui répondaient à la question, mais quand même, ça avance un peu.

De plus, il y a le groupe sur Facebook, eGouv Québec, démarré par un collègue qui se fait de plus en plus actif. On y retrouve plein d’infos qui peuvent concerner les gens du gouvernement, le tout sur Facebook et Twitter. Bref, ça commence enfin à bouger au gouvernement du Québec.

Malgré tout, on sent une certaine gêne, une timidité de publier sur ces médias. Là où je suis maintenant, c’est un peu différent. Il y a des groupes Facebook, des profils Twitter, mais à plus petite échelle. Par exemple, certaines unités ou certains groupes brigades (comme le 5 GBMC) possèdent un profil Facebook relativement actif.

Il n’en demeure pas moins que les gens des grosses organisations ont une incompréhension face à ces outils. Généralement, j’ai cru déceler deux réactions: la paranoïa et l’utopisme.

Paranoïa

Il s’agit de la réaction la plus commune dans de grosses organisations. Elle se traduit à tous les niveaux, du plus bas au plus haut. En bas, on de dit que l’on doit demander à tous les échelons une autorisation écrite en 5 copies, avec sceau papal et recommandation divine avant de penser à l’idée de rêver à l’utilisation de, par exemple Twitter.

Tout d’un coup qu’une faute serait publiée dans un texte de 140 caractères.

L’univers nous en voudrait.

Les journalistes nous tomberaient dessus à bras raccourcis, hein?

Le patron nous en voudra de ne pas avoir fait autoriser ce Tweet, tout d’un coup que cette info (je répète, en 140 caractères) ne devait pas être diffusée.

En haut, c’est un autre problème. On se dit que les gens vont écrire n’importe quoi, qu’il va y avoir des commentaires. Merde. Les gens vont commenter ce qu’on écrit. Il ne faut pas!

Et si le commentaire était négatif, comment pourrions-nous gérer ça? Une véritable situation de crise!

Mélangez ces deux points de vue, du bas, qui ne veulent pas avancer sans des autorisations, et en haut, qui ne veulent pas rien dire ou se faire dire, et on retrouve le gouvernement et son immobilisme de granite.

L’utopie

L’autre point de vue, c’est l’utopie. Les médias sociaux, c’est la panacée, la solution à tous nos problèmes, le nirvana du Web. Ben oui, c’est ça!

Cette réaction est plus visible au privé, mais parfois dans certains cas isolés au gouvernement. On pense qu’en faisant une page Facebook, tout le monde va tripper su tel programme insignifiant qui vise 0.000001% de la population. C’est certain.

D’autres vont croire que de publier des vidéos sur YouTube va donne une super visibilité à l’organisation. Encore faut-il en avoir des vidéos!

Le juste milieu

Comme dans n’importe quoi, rien ne vaut le juste milieu. Or, c’est difficile d’être neutre dans ce dossier. On doit tellement pousser parfois pour atteindre ce milieu qu’on se fait traiter d’extrémiste!

Mais pourquoi tant vouloir nos organisation embarquer sur les médias sociaux? me direz-vous.

Je crois humblement que les organisations gouvernementales, pas toutes, mais certaines, ont un véritable avantage à court terme à tirer de ces médias sociaux. À long terme, tous en profiterons, mais il ne faudra pas trop tarder, car il y a une problématique majeure qu’il faut considérer: le facteur humain.

On dit souvent que la population est vieillissante au Québec, bien c’est la même chose au gouvernement: les fonctionnaires prennent leur retraite de plus en plus. Youppi! du sang neuf diront certains, mais aussi une perte majeur de connaissances.

Où est le lien avec les médias sociaux et les nouvelles approches de communication? Simple, si on veut profiter au maximum de ces réseaux sociaux, ceux qui ont les connaissances devraient être impliqués rapidement pour apprendre à les utiliser.

J’ai assisté, il y a quelques années, à une conférences de Thought Farmer, au WebCom. Cette présentation m’a fait réaliser à quel point nous sous-estimons les savoirs qui demeurent dans la têtes des gens et qui ne sont pas diffusés. Les médias sociaux, utilisés ici en intranet, combinés avec des approches de gestion efficaces, pourraient être une partie de la solution à ce problème de perte de connaissances dans les organisations.

Il importe que nos gouvernements prennent vite le pas et entrent de plein pied dans les médias sociaux. Non pas pour la promotion ou pour diffuser uniquement des communiqués de presse, mais surtout pour apprendre à maîtriser le mot clé de l’expression: social.

On devra de plus en plus permettre aux gens de connecter, d’échanger et de formaliser des savoirs tacites afin de les rendre explicites. Plus il y aura de gens qui maîtriseront les médias sociaux dans nos organisations, plus on sera en mesure d’adapter nos façons de faire internes.

Je suis content de voir que certains continue d’avancer, de pousser pour que les organisations fassent leur entrée dans le 21e siècle. Ce n’est pas facile, certains s’épuisent. J’étais las de devoir pousser, forcer.

Je ne peux qu’encourager mes collègues qui travaillent de leur côté et saluer leur courage. Peut-être verrons-nous enfin nos organisation évoluer tranquillement dans le bon sens en 2011. Suffisait-il que je parte un an pour qu’enfin les choses bougent? Seul l’avenir nous le dira!

3 semaines de nouveau boulot, premier bilan

Ça fait maintenant trois semaines que j’ai commencé mon nouveau boulot (et par le fait même, ma sabbatique). Je désirais faire un petit retour sur ce qui s’est passé depuis.

Tout d’abord, je dois avouer que c’est fort différent de ce que je faisais au MSP. Tel que mes lecteurs habituels le savent, je faisais surtout du Web: gestion de projet, web design, architecture de contenu, expérience utilisateur… Maintenant, je fais des relations media!

Ça fait une grosse différence, mais je suis fort content de voir l’autre côté de la médaille. Nous avons eu à gérer une visite d’une équipe de CBC, plusieurs communiqués ont été diffusés et je dois faire une veille médiatique assez serrée… Vous n’êtes pas sans savoir que je travaille à Valcartier, vous n’avez qu’à ouvrir les journaux pour voir qu’il s’en passe pas mal.

Bien que je travaille encore pour le gouvernement, mais fédéral cette fois, je dois avouer que l’ambiance est très différente, ne serait-ce que pour le volet militaire du boulot. Bon, parfois, c’est un peu cryptique (surtout quand on parle d’acronymes), mais on s’y fait 😉

Je ne regrette pas mon choix. Je crois voir aussi que plusieurs collègues m’ont emboîté le pas et on pris des sabbatique. Probablement juste des coïncidence, mais c’est tout de même ironique.

Mon contrat se termine en septembre. D’ici là, je suis à la recherche de contrats ou bien d’un boulot pour la période septembre à décembre. Si vous avez des tuyaux, faites-moi signe!

Journée charnière

Aujourd’hui est ma dernière journée au gouvernement d’ici 2012, si tout va bien. Je quitte pour une sabbatique et vais aller travailler au fédéral pour un bout, puis je verrai par la suite (j’ai quelques mois sans emploi, on verra…).

Je me permet donc un petit bilan de ces années passées au gouvernement, je regarde derrière pour mieux me préparer vers l’avant.

Mes débuts

Ainsi, quand je suis arrivé au MSP, en 2001, c’était comme technicien. Je venais à peine d’avoir mon poste permanent, le PIV venait tout juste d’être approuvé (avec des normes qui, déjà, étaient dépassées), on avait le tout nouveau et rutilant (pour l’époque) IE6. Bref, c’était une période qui annonçait de gros changements.

On commençait à voir un intérêt pour les normes et standards Web. J’ai alors connu des gens comme Benoît Girard, qui organise les WebÉducation, Sylvain Carle, Denis Boudeau (cybercodeur à l’époque) et j’ai appris beaucoup de ces personnes.

Des présentations et une implication…

En 2002, j’ai ouvert ce blogue, où je continue encore à publier de temps en temps. J’ai aussi changé de statut, pour devenir professionnel. Bon, pour le commun des mortels, ça ne change pas grand chose, mais mes collègues du gouvernement vont comprendre.

J’ai approché Benoît pour faire des présentations au WebÉducation, j’ai commencé à m’impliquer sur la liste des Webmestres, j’ai participé à des comités interministériels, bref, je voulais faire avancer les choses.

Mes premières présentations traitaient des normes Web, les CSS et le Web en général. Je ne sais plus combien de fois je me suis retrouvé en avant au WebÉducation (sans blagues). Par la suite, le Web ayant changé, on parlait moins de normes, plus de Web social, d’analytique Web, d’utilisabilité

Je sentais que je pouvais peut-être faire une petite différence, faire bouger les choses. Nous avons engagé des stagiaires, j’ai même formé des collègues d’autres ministères en les prenant en stage au bureau. Plus il y a de gens qui savent bien utiliser le Web, mieux le gouvernement se portera.

Au début, je travaillais surtout sur le design de systèmes, comme web designer puis comme spécialiste de l’expérience utilisateur. Je faisait surtout des CSS et les gabarits HTML et, plus tard, j’ai bifurqué vers les wireframes, architectures de contenu, tests d’utilisabilité et autres sujets palpitants.

En 2006, gros changement, mon équipe se retrouve responsable du Web pour les organismes ministériels. Je deviens donc chargé de projet et dois sélectionner un CMS pour le MSP. On fait une étude et on choisit TYPO3. Depuis, nous avons une trentaine de sites montés sur ce produit.

Un point culminant

Depuis 2007, mon équipe n’est plus impliquée dans le développement de systèmes au ministère, nous ne faisons que du Web informationnel. C’est dommage, mais nous avons eu un projet pour nous occuper: la refonte du site ministériel.

Ce projet a été le point culminant de ma jeune carrière. Je crois que c’est un succès. Il a été bâti sur d’autres succès, comme le site Internet du Bureau du coroner.

Tout y est passé: la gestion de projet, l’utilisabilité, l’enquête utilisateur, l’intégration Web, l’accessibilité. Bref, ça a été une occasion superbe pour mon équipe et moi d’apprendre et de mettre en pratique nos connaissances, de prouver nos compétences.

Un besoin de changement

Depuis, je dois avouer que c’est un peu moins excitant. Le site a été mis en ligne en avril dernier, mais peu de projets sont venus par la suite. Nous connaissons tous le contexte gouvernemental actuel, avec les limitations budgétaires et les réglementations plus lourdes, ce qui limite grandement le développement du Web.

J’en étais rendu à une période charnière. Je devais voir ailleurs, faire autre chose pendant un certain temps. Une sabbatique était donc toute indiquée et je reviendrai en 2012 avec un nouveau bagage et, peut-être que, d’ici-là, les choses vont reprendre tranquillement.

Le Web me tient à coeur, surtout au gouvernement. On pourrait tellement faire plus! Je souhaite continuer dans la même veine et faire avancer les choses.

Mais pour l’instant, je prend une petite pause…

Je vais voir ailleurs en 2011

Depuis un certain temps déjà je réfléchis à mon travail de Web designer au sein du gouvernement. Depuis 9 ans maintenant que je suis au ministère de la Sécurité publique. Depuis mon entrée en fonction en 2001 (5 jours avant le 11 septembre), mes tâches et mes connaissances ont grandement évolué.

Je suis passé de simple graphiste à chargé de projet, responsable de l’expérience utilisateur et d’autres trucs. Bref, je ne fais plus du tout le même boulot qu’auparavant. Je crois avoir contribué à plusieurs avancées dans mon ministère et même peut-être au gouvernement (modestement).

Mais voilà, depuis la mise en ligne du site ministériel en avril dernier, le plus gros projet sur lequel j’ai eu à travailler, je réalise que j’ai besoin de changement, de voir autre chose. Il me faut un peu d’action, je veux que ça bouge et j’ai soif d’apprendre. Ce que je m’apprête à faire.

Faire le grand saut

Travailler au gouvernement n’est pas toujours facile. Un fournisseur m’a déjà dit qu’il ne comprenait pas comment je faisais pour accepter autant de contraintes: technologiques, organisationnelles, décisionnelles… Sans compter les conditions qui, contrairement à la croyance populaire, ne sont pas si reluisantes. Je vous épargne les détails.

Il y a tout de même des avantages notables, comme la mobilité du personnel sans perte d’acquis (d’un ministère à l’autre) ou bien cette petite clause de la convention collective:

4- 7. 06 Après sept (7) ans de service continu, l’employée ou l’employé a droit, après entente avec la ou le sous-ministre sur les conditions entourant l’exercice de ce droit, et une fois par période d’au moins sept (7) ans, à un congé sans traitement dont la durée ne peut excéder douze (12) mois…

Je profite donc de cette clause de la convention collective pour prendre congé du gouvernement du Québec pour une durée de 12 mois. Je quitte très bientôt (il me reste une petite semaine) et ne reviendrai dans l’appareil gouvernemental qu’en janvier 2012.

Endosser l’uniforme

Mais diantre! que vais-je faire pendant tout ce temps? Contrairement à ce que certains pourraient croire, je ne passe pas au privé. Je vais plutôt me consacrer à mon second emploi: je vais travailler avec la Défense Nationale.

Je fais un coming-out, oui, je suis militaire, réserviste dans les services de santé pour être plus précis. Je vais donc travailler à Valcartier pour les prochains mois. Un gros changement et une continuité en même temps.

J’aurai un rôle au niveau des affaires publiques, je demeure donc dans le domaine des communications. Et je ne serai pas trop dépaysé: là aussi ils utilisent IE 6 et sont barrés de partout 😉 Je n’y vais pas pour la liberté de navigation, vous l’aurez compris, mais beaucoup plus pour l’expérience enrichissante que je vais en retirer!

Je resterai en ligne

Je devrais continuer à publier sur Twitter, peut-être aussi sur mon blogue, je vais me tenir au courant de ce qui se passe dans la fonction publique (avec de la chance, c’est quand je vais quitter qu’il va enfin se passer quelque chose? Comme cette fameuse politique cadre et ce projet de loi qui font que ça change enfin un peu le paysage de l’informatique au gouvernement du Québec).

Dans le fond, je passe du provincial au fédéral pour un certain temps. Je vais revenir avec une nouvelle expérience dont je pourrai faire profiter mon employeur actuel.

On va peut-être se croiser encore sur la toile, mais cette fois, je serai en kaki!

Me voici de retour!

Eh bien oui! après une absence prolongée en congé parental absence prolongée du bureau pour raison parentale, je suis de retour au poste! Alors, que s’est-il passé pendant ces six mois?

Hummm… j’ai du pain sur la planche. Quand j’ai quitté le bureau, on venait à peine de sélectionner un CMS, soit Typo3, et voici qu’à mon retour il y a plusieurs sites déjà terminés! J’ai donc à me remettre dans le bain rapidement!

Un retour difficile…

Effectivement, le retour est difficile, pas au bureau, je crois que ça devrait bien se passer… mais plutôt pour le vélo! Je n’ai eu que très peu de temps pour me maintenir (ou plutôt, me mettre) en forme… ainsi, j’enfourche mon vélo pour parcourir mes 13 kilomètres matin et soir avec un peu d’embonpoint et des muscles très atrophiés… argh! c’est demain que ce sera difficile!!!

M’enfin, je devrais m’en sortir.

Je devrais donc recommencer à publier de façon plus fréquente!