Géoréférencement d’un site du gouvernement

Dernièrement, un collègue a posé une question sur la liste des Webmestres au sujet du référencement de son site et qui voudrait bien pouvoir sortir un peu mieux dans les résultats organiques de recherche, puisque le sujet est assez large.

Puis que l’organisation pour laquelle il travaille offre de services dans une région précise, il pense cibler plus précisément les gens de cette région, ce qui lui permettrait de sortir un peu mieux dans les résultats.

Ainsi, une firme avec laquelle il fait affaire lui a conseillé de mettre, dans le pied de page, une série de mots clé régionaux, soit les noms officiels de la région, les noms des municipalités, les noms touristiques et autres anciens noms.

Considérant cette pratique un peu particulière, le collègue en question a donc interrogé la liste. J’ai alors réalisé que probablement très peu de sites gouvernementaux sont géoréférencés et régionalisés. Google utilise déjà le géoréférencement, il permet de faire des recherches selon le lieu géographique du visiteur, lorsque connu.

Quelques petites étapes peuvent suffire pour remonter dans les résultats de recherche associés à une région ou lorsque l’utilisateur partage sa position (utilisateur possédant un compte Google, par exemple, ou simplement géoréférencé). Pour ce faire:

  1. Inscivez vos bureaux à Google Places et ainsi géoréférencer votre site et vos services. C’est gratuit et toute organisation avec un lieu géographique devrait le faire;
  2. Ajoutez les métadonnées géographiques dans votre page (par exemple avec ceci: http://www.geo-tag.de/generator/en.html);
  3. Assurez-vous d’avoir un certain nombre de mots-clé de type régionaux (dans une page peut-être) dans laquelle vous mentionnez certains des termes dont vous parliez précédemment (par exemple, une page «nous offrons des services dans la région de XYZ» avec quelques mots clés, bien que cette donnée soit peu considérée ref:cette vidéo de Matt Cutts);
  4. Peut-être qu’une campagne AdWords pourrait être à envisager, ne serait-ce que pour mousser des services pendant un certain temps;
  5. Une présence sur les médias sociaux pourrait aussi être utile, si vous jugez que ça pourrait être pertinent pour y rejoindre une partie de votre clientèle (FaceBook peut-être, mais ça reste à valider), vous pourriez y créer une page régionale du type «Sujet X pour la région XYZ» ou quelque chose du genre. Cette approche demanderait plus d’analyse.

Ainsi, je crois que si trois premiers éléments sont mis en place, déjà, on verrait une bonne amélioration dans le positionnement du site. L’ajout d’un blob de mots-clés dans la page ne serait pas nécessaire, et pourrait peut-être même nuire au site

Il serait nécessaire, pour les organisations gouvernementales, de s’inscrire dans Google Places, surtout si cette organisation dispose de bureaux physiques de service à la clientèle. Cette information est trop souvent oubliée par les Webmestres!

Faire une refonte de site ministériel, partie 4: L’innovation

Voici le quatrième et dernier volet sur la refonte du site du ministère de la Sécurité Publique, projet pour lequel j’ai été en charge au cours des deux dernières années (eh oui!). Les trois premières parties ont traité de la techno, des gens, du design du site et je termine le tout en parlant des innovations, ou nouveautés… euh… m’enfin, de ce qui est nouveau dans le site et ce qui s’en vient.

Je l’ai déjà dit (je sais, j’ai tendance à me répéter), mais faire une refonte d’un site ministériel n’est pas une mince affaire. Beaucoup de monde, beaucoup de décisions et, on l’a réalisé, des processus très complexes de production de contenus, mais surtout d’approbation. Réaliser en un seul coup l’ensemble des améliorations et changements était impossible: ressources internes limitées, charge de travail assez lourde, formation interne, développement… bref, ce que je vais vous présenter dans ce volet c’est ce vers quoi le site devrait tendre éventuellement, sans pouvoir garantir le moment ou même la réalisation de ces options, trop de facteurs en ligne de cause.

Je vais donc lister diverses nouveautés dans le nouveau site, certaines sont des volontés, d’autres des réalisations concrètes. La beauté d’un site Internet, c’est l’évolution possible. Il est envisageable que certaines des nouveautés ou avenues présentées dans mon blogue aujourd’hui soient abandonnées ou fassent place à de nouvelles idées, faute de temps, de ressources, ou simplement un changement d’orientation. Considérez ce billet surtout comme une inspiration pour vos propres sites si vous aimez les idées…

Site «d’urgence»

Le ministère de la Sécurité publique a une particularité par rapport à ses pairs du Québec, il participe à des urgences, à des événements qui peuvent prendre beaucoup de place dans l’actualité et générer un flux d’informations rapide et élevé. Il fallait donc trouver un moyen pour centraliser les informations à diffuser lorsque le ministère en est le responsable. Une approche préconisée est l’utilisation d’un site de type événementiel, sous forme de blogue, dans lequel les informations peuvent facilement être mises à jour.


En situation d’urgence, un site serait créé pour l’événement particulier et un bandeau ornerait toutes les pages du site ministériel.

La plateforme choisie est WordPress au lieu de TYPO3. Plusieurs raisons, la première étant la facilité d’utilisation par rapport à TYPO3, considérant que des gens n’ayant aucune formation pourraient peut-être devoir utiliser l’outil. La rapidité, la flexibilité et la portabilité de l’outil ont aussi été considérés.

Pour lier vers ce site d’urgence, il a été prévu aussi d’ajouter un bandeau dans l’ensemble des page du site ministériel, le cas échéant. Ce bandeau, rétractable, serait activé lors de l’événement et indiquerait aux visiteurs où trouver l’information sur l’événement en cours.

Le site d’urgence n’a pas encore été déployé, ni le bandeau. La raison est simple, l’occasion ne s’est pas encore présentée. Il faut aussi considérer que c’est un changement assez important dans la façon de diffuser de l’information, ce sera donc un apprentissage pour tous les intervenants le moment venu.

Web 2.0?

Le site d’urgence m’emmène directement au second sujet, soit le Web 2.0. Expression galvaudée, s’il en est une, le «Web social» n’est pas encore utilisé dans le site ministériel. Pour réussir la mise en ligne dans les délais souhaités, il a fallu mettre de côté certains aspects, et c’en est un. L’idée n’est pas abandonnée, mais il faut plutôt prendre plus de temps pour apprivoiser le concept à l’interne.

Alors, qu’en est-il exactement? Dans un premier temps, l’utilisation des plateformes telles que YouTube et Flickr ont été envisagées pour des considérations techniques (si! si!). Advenant le lancement d’un site d’urgence (pour un gros événement), à l’instar de la Croix-Rouge américaine, le site n’hébergerait que du texte, les images et vidéos étant déposées dans les outils en ligne. De cette façon, ce ne sont pas les infrastructures ministérielles qui auront à gérer un volume de traffic et les vidéos et images «officielles» diffusées par le ministère pourraient être référencées dans les outils, offrant plus de visibilité.

Pour ce qui est de Twitter, c’est un travail en cours. Rien n’est officialisé, mais on peut croire que, comme plusieurs autres ministères et organismes, le MSP diffusera bientôt sur ce canal. Contrairement à ce que certains pourraient croire, ce n’est pas si facile de changer les façons de faire. Twitter est un outil instantané et rapide, l’appropriation par l’appareil gouvernemental ne va pas nécessairement de soi.

Bien entendu, ce n’est pas du Web 2.0 à l’état pur. Déjà, passer le site du Web 1.0 à 1.1 (du 1.0 amélioré) n’a pas été une mince tâche.

Actualités liées au contenu


Les images qui défilent en accueil devraient éventuellement pointer sur des pages de contenu du site et être en lien avec l’actualité.

Ok, ce que je vais vous présenter ici peut paraître un peu simplet, mais les images dans le bandeau d’accueil devraient, éventuellement, être liées au contenu et non pas être des images statiques comme actuellement. C’est une volonté interne et on devrait y arriver dans les prochains mois.

Cette idée n’a rien de nouveau, mais il s’avère complexe de mettre en place une mécanique d’alimentation des photos et du sujet à publiciser. Malgré tout, je suis confiant que ce sera fait.

La géomatique…


L’outil Google Map est utilisé dans les bottins, comme celui des services incendies, en attendant de mettre en place les services géomatiques du ministère.

Intégrer des fonctions (quoi que sommaires) de géomatique dans le site était une idée liée à l’existence d’une équipe dédiée à l’interne de l’organisation. Effectivement, le ministère exploite des données de plusieurs M/O dans le but d’offrir des services à ses partenaires. Or, le site apparaissait une belle tribune pour présenter le travail. Tel que je l’ai déjà mentionné dans le volet 1, il n’a pas été possible, pour la mise en ligne, de mettre le module géomatique ministériel et il a fallu se rabattre sur Google maps.

Malgré tout, on envisage éventuellement faire le virage lorsque possible vers les services internes. La géomatique ministérielle est déjà utilisée dans certaines portions du site, comme pour le volet débits et niveaux des cours d’eau du Québec (ex. carte de la région de Québec), où des cartes sont générées et alimentées pratiquement en temps réel.

Lorsqu’un événement sera rapporté, il est souhaitable que des informations géoréférencées soient rendues disponibles à la population, un peu à l’image des feux de forêts de 2009 en Australie, où Google avait employé une équipe pour cartographier la localisation de ces feux. Dans quelle mesure et dans quel délai, je l’ignore.

Données

Un projet, une idée, que j’aimerais beaucoup voir se concrétiser éventuellement (mais ça risque d’être long), c’est de rendre disponible certaines données à l’état brut, un peu comme l’a fait le gouvernement anglais dernièrement avec son COINS. À l’image des Data.gov ou autres initiatives, le ministère, ou plutôt, le gouvernement du Québec dans son ensemble, aurait tout à gagner à rendre disponible ses données. Bien entendu, une telle innovation ne se fait pas sans tracas… J’ai toujours favorisé l’approche des petits pas plutôt que d’attendre la volonté de haut niveau, qui risque de tarder…


Data.Gov devrait servir d’inspiration pour toute organisation gouvernementale.

Je l’ai dit, c’est une idée, une position que je pousse tranquillement à l’interne. Certaines données, non sensibles ou à très peu d’impact, ont déjà été ciblées, mais rien n’est attaché d’aucune façon. C’est une petite graine que j’ai semé dans la tête de certains, avec espoir de la voir germer…

Mon rêve ultime: un securitepublique.gouv.qc.ca/data… Je vous informerai lorque nous approcherons du but, mais ça risque de prendre encore bien du temps!

Conclusion de tout ça…

Pour conclure l’ensemble des quatre volets concernant la refonte du site ministériel, je dois avouer que j’ai acquis beaucoup d’expérience tout au long du projet. Les intervenants qui nous ont aidés étaient professionnels, le rendu peut en témoigner (selon mon humble avis!).

Il est évident, par contre, que le site n’est pas parfait. Il devra faire l’objet d’une amélioration constante et d’une évolution. Je ne suis plus à la barre, c’est rendu dans les mains du client, soit la direction des communications du ministère. J’ai un rôle conseil, c’est tout.

J’espère que ce projet, et mes billets sur le sujet, aura réussi à ouvrir la voie à d’autres M/O pour oser un peu.

Faire une refonte de site ministériel:

Les ventes de portables dépassent celles des ordis de bureau… et j’en fais partie!

Pour la première fois, les ventes de portables ont surpassé les ventes d’ordinateurs de bureau. Bon, là, je ne vous apprends rien, c’est des statistiques connues depuis quelques semaines déjà. Mais ce qui est intéressant, c’est pas tant le fait que les portables sont plus vendus, mais plutôt que ça change la manière dont les gens ont accès au Web.

Louis Naugès (encore lui, je sais…) en parle dans son blogue, sur le iPod Touch Max (nom fictif?) et l’analyse qu’il fait, c’est surtout que, de plus en plus, les gens vont accéder au Web par des smartphones, netbooks ou des bons vieux portables (comme mon tout nouveau Studio 17, eheh!).

Ça change la manière dont on va concevoir nos sites. De plus en plus, on devra s’adapter à ces multiples outils qui viennent diversifier la manière de visualiser et de consulter nos sites.

Déjà, nous avons des clients, à mon ministère, qui utilisent des BlackBerry pour accéder aux sites qui leurs sont dédiés. Pourquoi se limiter à cette technologie alors qu’il existe plein d’autres outils? Quoi que le nouveau BB, le Storm, est nettement plus intéressant que les anciens que l’on voit dans les mains de nos gestionnaires…

C’est à nous de repousser encore plus loin les limites de la conception des interfaces Web de façon à tirer profit de la mobilité accrue de nos utilisateurs. Leur offrir des outils utiles là où ils sont! Pourquoi pas, lorsque c’est possible, les localiser par GPS et leur offrir les données susceptibles des les intéresser au moment présent?

Ouais, je sais, certains le font déjà, mais au gouvernement, principalement au Québec, je crois qu’on a un sacré retard en la matière. Nous continuons à faire dse formulaires de saisie, alors que l’expérience utilisateur pourrait être nettement plus poussée.

Une amie me parlait, pendant un excellent souper du temps des fêtes, du travail en cours dans son ministère, qui devrait «révolutionner» l’approche utilisateur. J’ai confiance en son travail, et j’ai bien hâte de voir le résultat. Étant donné que son ministère est un phare, un leader en la matière, il y a de bonnes chances que les autres emboîtent le pas.

Bref, tout ça pour dire que nos utilisateurs sont plus mobiles, et on se doit de profiter de cette mobilité.