Le Web futur n’est pas mobile

Pour ceux qui se demanderaient ce qui sera le futur du numérique, c’est la disparition de l’interface. On parle d’interface naturelle, comme l’accès par la voix. Google Home en est un bon exemple.
 
Je vous invite à lire un article très complet sur le test de Google Home en français. Google Home est désormais disponible en français (québecois et de France, au choix), mais tout n’est pas encore porté sur cette version. Ce qu’on doit retenir, c’est l’effet que pourrait avoir ce genre d’outil dans nos vies. Je crois que la conclusion de l’article résume assez bien:
«Faut-il craquer ? Si vous êtes un geek confirmé, utilisant l’écosystème Google, que les gadgets électroniques vous fascinent et que vous avez envie de connecter toute votre maison, n’hésitez pas. Le Google Home a toutes ses chances de devenir un compagnon agréable. Mais si ce portrait ne vous ressemble pas, votre argent sera mieux employé ailleurs.»

Ce n’est donc pas encore tout à fait au point, mais ça avance assez vite. Je voyais un autre article ce matin qui indiquait que Facebook vient justement d’acheter une compagnie pour améliorer son assistant…  Amazon avec Alexa et Microsoft avec Cortana, la lutte des assistants sera chaude.

Quel sera l’impact pour nos organisations? on doit dorénavant prévoir un accès à nos contenus de façon transparente pour ces gadgets. On doit penser plus loin que le simple écran. Le «mobile first» est dépassé (et critiqué). L’accès par les écrans deviendra moins fréquent.
Je crois que ça mérite une certaine réflexion. Rendons notre information disponible, c’est ce que j’appelle la «dématérialisation du contenu», on le détache de son utilisation. Je n’ai rien inventé, je le sais, mais on va essayer de le mettre en place…

Les ventes de portables dépassent celles des ordis de bureau… et j’en fais partie!

Pour la première fois, les ventes de portables ont surpassé les ventes d’ordinateurs de bureau. Bon, là, je ne vous apprends rien, c’est des statistiques connues depuis quelques semaines déjà. Mais ce qui est intéressant, c’est pas tant le fait que les portables sont plus vendus, mais plutôt que ça change la manière dont les gens ont accès au Web.

Louis Naugès (encore lui, je sais…) en parle dans son blogue, sur le iPod Touch Max (nom fictif?) et l’analyse qu’il fait, c’est surtout que, de plus en plus, les gens vont accéder au Web par des smartphones, netbooks ou des bons vieux portables (comme mon tout nouveau Studio 17, eheh!).

Ça change la manière dont on va concevoir nos sites. De plus en plus, on devra s’adapter à ces multiples outils qui viennent diversifier la manière de visualiser et de consulter nos sites.

Déjà, nous avons des clients, à mon ministère, qui utilisent des BlackBerry pour accéder aux sites qui leurs sont dédiés. Pourquoi se limiter à cette technologie alors qu’il existe plein d’autres outils? Quoi que le nouveau BB, le Storm, est nettement plus intéressant que les anciens que l’on voit dans les mains de nos gestionnaires…

C’est à nous de repousser encore plus loin les limites de la conception des interfaces Web de façon à tirer profit de la mobilité accrue de nos utilisateurs. Leur offrir des outils utiles là où ils sont! Pourquoi pas, lorsque c’est possible, les localiser par GPS et leur offrir les données susceptibles des les intéresser au moment présent?

Ouais, je sais, certains le font déjà, mais au gouvernement, principalement au Québec, je crois qu’on a un sacré retard en la matière. Nous continuons à faire dse formulaires de saisie, alors que l’expérience utilisateur pourrait être nettement plus poussée.

Une amie me parlait, pendant un excellent souper du temps des fêtes, du travail en cours dans son ministère, qui devrait «révolutionner» l’approche utilisateur. J’ai confiance en son travail, et j’ai bien hâte de voir le résultat. Étant donné que son ministère est un phare, un leader en la matière, il y a de bonnes chances que les autres emboîtent le pas.

Bref, tout ça pour dire que nos utilisateurs sont plus mobiles, et on se doit de profiter de cette mobilité.

Le prototypage en avant plan

Il semble y avoir une lame de fond présentement, un mouvement en faveur du prototypage, au détriment des approches traditionnelles de conception des interactions (documents et wireframes).

Si vous avez besoin d’être convaincus, voici un article très bien écrit qui présente les avantage d’une approche de prototypage, principalement dans les cas de développement de sites avec une interface riche ou une interaction forte.

Une phrase résume très bien l’ensemble de l’article:

Show, don’t tell!

Utilisabilité et simplicité


Difficile d’être plus explicite!

L’auteur nous remémore une des règles de John Maeda, soit de réduire. La réduction, à la fois de fonctionnalités, mais surtout, d’éliminer ce qui est inutile.

Dans l’image présentée sur le site en lien plus haut, on voit deux philosophies de simplicité superposées à une autre, diamétralement opposée, qui correspond malheureusement à ce que l’on rencontre trop souvent dans notre univers.

Déjà, si les concepteurs des systèmes développés dans nos organisations cessaient de se dire le fameux «tant qu’à y être», peut-être les formulaires et autres considérations administratives seraient moins… lourdes.

Il y a quelques mois, lors d’un Web éducation, un présentateur nous a fait visiter le site de HydroQuébec (je crois que le formulaire n’est plus en ligne! enfin!), avec un éloquent formulaire en ligne qui appliquait la fameuse notion du «tant qu’à y être». Des tonnes de questions, dont certaines nettement questionnables (quoi? le NAS pour demander la facture en ligne?)

Alors, plutôt que d’ajouter, pensez à réduire!

Mais comme le mentionne l’auteur du billet, John Maeda nous met en garde: parfois, la simplicité requiert des connaissances de la part de l’utilisateur. La simplicité et la complexité sont complémentaires et certaines choses ne pourront jamais être totalement simplifiées…

J’ajouterais qu’il est fort simple, par contre, de tout complexifier!