Le Web futur n’est pas mobile

Pour ceux qui se demanderaient ce qui sera le futur du numérique, c’est la disparition de l’interface. On parle d’interface naturelle, comme l’accès par la voix. Google Home en est un bon exemple.
 
Je vous invite à lire un article très complet sur le test de Google Home en français. Google Home est désormais disponible en français (québecois et de France, au choix), mais tout n’est pas encore porté sur cette version. Ce qu’on doit retenir, c’est l’effet que pourrait avoir ce genre d’outil dans nos vies. Je crois que la conclusion de l’article résume assez bien:
«Faut-il craquer ? Si vous êtes un geek confirmé, utilisant l’écosystème Google, que les gadgets électroniques vous fascinent et que vous avez envie de connecter toute votre maison, n’hésitez pas. Le Google Home a toutes ses chances de devenir un compagnon agréable. Mais si ce portrait ne vous ressemble pas, votre argent sera mieux employé ailleurs.»

Ce n’est donc pas encore tout à fait au point, mais ça avance assez vite. Je voyais un autre article ce matin qui indiquait que Facebook vient justement d’acheter une compagnie pour améliorer son assistant…  Amazon avec Alexa et Microsoft avec Cortana, la lutte des assistants sera chaude.

Quel sera l’impact pour nos organisations? on doit dorénavant prévoir un accès à nos contenus de façon transparente pour ces gadgets. On doit penser plus loin que le simple écran. Le «mobile first» est dépassé (et critiqué). L’accès par les écrans deviendra moins fréquent.
Je crois que ça mérite une certaine réflexion. Rendons notre information disponible, c’est ce que j’appelle la «dématérialisation du contenu», on le détache de son utilisation. Je n’ai rien inventé, je le sais, mais on va essayer de le mettre en place…

Pourquoi j’ai choisi un Galaxy Note 4

Récemment, j’ai changé mon bon vieux Galaxy Nexus, qui commençait à faire des siennes, pour un Galaxy Note 4. C’est un gros changement pour moi, non seulement en terme de taille (il est vraiment gros le Note 4), mais aussi de quitter l’univers des Nexus pour passer sur une ROM de fabricant. Je dois dire que je suis très satisfait jusqu’à maintenant. Vitesse, qualité d’écran, stylet (eh oui, pourquoi pas)… mais TouchWiz. Oh là… c’est pas facile comme ajustement.

Les deux appareils sont séparés de 3 générations, ce qui est évident tant par la taille que l'évolution dans la construction.

Les deux appareils sont séparés de 3 générations, ce qui est évident tant par la taille que l’évolution dans la construction.

Je voulais vous partager un peu mes réflexions qui m’ont mené vers ce choix dans le cadre de ce billet, et présenter un peu ce qui pourrait être des irritants pour quelqu’un qui est habitué aux ROM Nexus ou bien CyanogenMod, alors, allons-y!

Non, mais, tu voulais pas un Nexus 6?

Oui, je l’avoue. J’ai fait une installation de CyanogenMod sur mon Galaxy Nexus, le tout en attendant l’arrivée du Nexus 6. Je l’avoue, j’ai flanché. J’ai comparé, regardé, pris en main. J’ai tout fait… mais le Nexus 6 ne me plaisait pas… Du moins, pas autant que les autres Nexus. Ma conjointe a un Nexus 5, il est excellent, c’est vraiment, selon moi, le meilleur de tous les appareils Nexus, voire Android, confondus. Or, il commence à avoir de l’âge un peu (je voulais un truc récent – très récent, en fait. Un monstre, pour être précis) et son écran est [trop] petit… ouais, bon, j’ai des idées de grandeur, faut croire, donc je voulais un 6 po d’écran.

Alors, pourquoi avoir mis de côté le Nexus 6? Je dois avouer que, rendu là, c’est un choix plus personnel. J’ai beaucoup aimé cet article qui présente un bon argumentaire pour les deux produits. La batterie a été le point faible marquant du N6. Non seulement on a entendu des histoires de gonflements de celle-ci, mais elle n’est pas interchangeable. J’ai toujours eu un appareil qui permet de changer la batterie, j’avais justement fait un changement notable sur mon Galaxy Nexus en l’équipant d’une batterie de plus de 3600 mAh.

Parlant de batterie, au printemps 2014, j'ai remplacé la batterie originale de mon Galaxy Nexus pour une de 3600 mAh, une cure de jouvence qui m'a permis de garder l'appareil près d'un an de plus.

Parlant de batterie, au printemps 2014, j’ai remplacé la batterie originale de mon Galaxy Nexus pour une de 3600 mAh, une cure de jouvence qui m’a permis de garder l’appareil près d’un an de plus.

Un autre point important, je dois avouer que c’est Samsung qui a fait un petit plus, soit l’utilisation plus optimisée de l’écran. J’ai souvent lu que le Nexus 6 n’est en fait qu’un gros Nexus 5 – si on parle de l’affichage. Samsung a eu l’idée d’exploiter l’espace supplémentaire d’écran pour diverses fonctions. Je dois avouer que je n’ai pas encore poussé très loin de ce côté, mais ça a pesé dans la balance.

Dans le fond, j’avais un penchant vers le Note 4. Je l’avoue. Mon petit Galaxy Nexus, ben quoi, c’est un Samsung, il a très bien fait son boulot, toujours été là quand il fallait. J’ai bien eu envie de le lancer au bout de mes bras plusieurs fois, mais, avec du recul, peut-être que je lui en demandais beaucoup… Écouter de la musique en streaming (3G + application de radio en ligne), pendant que je cours et monitore le tout sur RunKeeper (GPS), avec mes écouteurs Bluetooth (bluetooth, hein)… c’était trop pour lui. Le pauvre petit processeur et la mémoire anémique n’en pouvaient simplement plus.

Je dois dire que j’avais une certaine réserve envers Motorola. Non pas que ce sont de mauvais téléphones. Un ami avait un Razr Droid, qu’il s’est empressé de remplacer par un Nexus 4 dès qu’il a pu, non sans quelques mots colorés. Je suis resté avec cette impression. Aussi bon que pouvait l’être le Nexus 6, il devait être encore meilleur que la concurrence pour me convaincre. Ce qu’il n’a pas réussi. Je dois tire que le Note 4 avait un atout dans sa manche (ou sa coque, au choix)…

Le fameux stylet

Oui. Je l’avoue, le stylet a été un élément de plus. Ok, ok… je vous vois venir, un stylet, ça fait tellement Palm Pilot des années 2000, hein. Mais là, on parle d’un stylet de qualité, quand même, pas ces trucs à bout ronds non réactifs comme on reçoit dans les conférences avec le nom d’une compagnie écrit dessus. On parle d’un style du type que l’on a avec les tablettes Wacom.

Le stylet a une apparence particulière mais il permet d'obtenir des résultats intéressants. Ici, on voit l'interface de l'application Painter.

Le stylet a une apparence particulière mais il permet d’obtenir des résultats intéressants. Ici, on voit l’interface de l’application Painter.

Donc, ce stylet. Je dois avouer que j’en suis encore à l’apprivoiser. Je le trouve un peu… cheap. il est carré, ce qui fait une prise en main bizarre, il est court (on a l’impression de travailler avec un crayon qui a été trop aiguisé) et le bouton latéral est encore une intrigue pour moi (comment fait-on pour tenir le stylet et appuyer sur le petit bouton sans devoir changer complètement de position???). Bref, c’est un joli gadget.

Malgré tout, il m’amuse. J’ai installé une petite application, pour ceux qui connaissent Corel Painter, il en existe une version pour Android. Je retrouve l’intérêt de faire du dessin. Bon, je ne suis pas encore super habitué avec les commande de l’application et à l’utilisation du stylet sur le téléphone (c’est comme dessiner dans un petit calepin, alors que j’aime les grandes surfaces d’habitude), mais disons que ça a son charme.

Une autre chose que j’aime du stylet, c’est la prise de notes rapides. J’ai essayé lors du WAQ de prendre des notes, et des photos, des notes sur les photos et tout. Ma foi, c’est très pratique. Ça va vite, ça répond bien et on ne taponne pas toujours sur le clavier du téléphone. Bref, le stylet a son utilité.

Mais pas toujours rose

Non, tout n’est pas rose. J’ai encore de la difficulté avec l’application d’horloge. Anodin, mais j’appréciais pouvoir taper sur l’heure pour avoir accès aux fonctions de chronomètre, alarmes et autres, directement de l’écran principal. J’ai plein de petits désagréments liés à TouchWiz, aux menus bonbon ou aux applications qui sont totalement inutiles que je ne peux retirer.

J’aime l’aspect épuré du Nexus pur, la netteté d’un Android simple. Avec Samsung et sa surcouche logicielle, on a l’impression d’être dans une pizza colorée pleine de petits trucs bizarres qui nous dérangent. J’ai testé CyanogenMod sur mon Galaxy Nexus, et j’ai aimé le petit plus que ça apportait à la version parfois un peu trop pure d’Android stock.

Mais là où j’ai le plus de problèmes, c’est Lollipop. Pourquoi? parce que je ne l’ai pas encore!! Le Galaxy Note 4 semble être le dernier appareil de la gamme des Galaxy chez Samsung à recevoir la dernière mouture d’Android. En soi, ce n’est pas si stressant, dans la mesure où déjà Android 5.1 est sorti et donc vient corriger les petits irritants de la première mouture, on se dit que le Note 4 pourra alors «bénéficier» de ce retard.

À en voir les nouvelles, ce n’est pas vraiment le cas.

Il y a même des rumeurs qui disent que le Note 4 sera bloqué à la version 5.0 d’Android. Ça, c’est décevant. J’ai fait le choix de prendre un appareil haut de gamme (à fort prix) et j’ai délibérément pris le 4 au lieu du 3 pour pouvoir profiter le plus longtemps possible des mises à niveau. Je serais fort déçu si Samsung décidait de faire autrement.

Déçu, vraiment?

Serai-je vraiment déçu? Pas vraiment, non. Dans un an, lorsque ma garantie sera finie (parce que je suis «chicken», bon), je vais passer une Rom custom sur mon Note 4. CyanogenMod ou une autre, on verra selon ce qui sera disponible à ce moment. J’ai fait la même chose pour mon Nexus One à l’époque, CyanogenMod m’avait permis de passer de 2.2.3 à 2.3.6 et pour mon Galaxy Nexus de 4.2.2 à 4.4.4 (malgré le non-support de Google de KitKat pour cet appareil).

Bref, il reste de l’espoir. Malgré tout, je souhaite que ce soit des versions officielles… et que TouchWiz bénéficie d’une évolution!

Et les autres?

Ouais, bon… Il y avait d’autres candidats dans la liste. Je ne peux pas les passer sous silence.

Le premier est le  LG G3, un appareil très semblable au Nexus 6 dans les faits, ou même au Note 4. Dans les faits, il était si semblable, que je l’ai discarté assez vite. Il n’avait rien qui le démarquait vraiment.

Le dernier concurrent était le One plus One (plus compliqué à obtenir, celui-là). Bien que, côté spécifications, ce ne soit pas le modèle le plus rutilant, mettons, je dois dire que son attrait était tout autre. Son prix, dans un premier temps, mais surtout le fait que c’est un appareil qui est monté de base avec CyanogenMod. Ok, la prochaine version sera avec Oxygen OS, une autre ROM qui part de Android. Que ce soit l’une ou l’autre, c’était suffisant pour regarder de ce côté.

J’ai eu la chance, au Web à Québec, de pouvoir avoir en main un exemplaire du One plus One. Très bel appareil. Je pense que ça aurait été mon numéro 2 finalement… tant qu’à quitter les Nexus!

C’était mon cheminement, mes questions et interrogations qui m’ont guidé dans le choix de mon appareil. J’espère que ça pourra en aider plusieurs, mais dites vous bien une chose, peu importe celui que vous choisirez, vous en verrez d’autres qui vous feront baver par la suite.

Que voulez-vous, c’est ça être Geek… et de l’assumer!

6 petits trucs faciliter vos tests d’utilisabilité sur mobile

Je n’en suis pas à mes premières armes pour ce qui est des tests d’utilisabilité. Ça faut plusieurs fois que j’ai à en réaliser et superviser dans le cadre de mon travail, mais la dernière volée de tests effectués pour un projet en cours était fort différente: il fallait tester l’interface sur mobile!

Tout d’abord, on parle de tests effectués dans le cadre d’un projet pour améliorer l’interface utilisateur d’un site Internet, pas de tests dans un but scientifique ou desquels vont découler un rapport complet. Nous avions un délai très court, un budget restreint et une capacité limitée. Ainsi, nous avons réalisé ces tests dans nos locaux, avec notre propre personnel, sans enregistrer le tout sur caméra ou bien logiciel de capture d’écran… à la bonne franquette, quoi! (mais tout de même structurés, hein!)

Alors, des tests sur mobile, y’a rien là, z’allez dire! C’est juste un test sur un appareil différent… Ben, oui, effectivement, c’est pas sorcier. Malgré tout, il y a des choses à prendre en considération pour maximiser les résultats…

1. Trouvez PLUSIEURS appareils pour faire vos tests

Nous devions mettre la main sur un appareil mobile pour faire les tests et j’ai réussi à obtenir (grâce à la collaboration de mes collègues) deux appareils, un iPhone 5s et un Samsung Galaxy Mega (une phablette). Ce fut là le meilleur des deux mondes!

Nous avons pu offrir à nos participants la technologie avec laquelle ils étaient la plus à l’aise. Bien que ça puisse paraître anodin, on ne veut pas tester le système d’exploitation, mais plutôt notre site.

Le meilleur exemple est la manière dont Android gère l’affichage des boîtes déroulantes (select) versus iOS 7. Complètement différent!

À gauche, l’affichage d’une boîte de sélection (select) dans une interface Android et à droite, dans iOS 7. On note une grande disparité entre les deux interfaces.

2. Faites un test sur les appareils en question

Tout bon spécialiste UX qui se respecte qui prépare des tests d’utilisabilité sait qu’il faut faire un premier dry-run pour s’assurer de la viabilité de nos tests et des interfaces… Eh bien, en ouvrant le site sur un vrai iPhone (et non pas en ne faisait qu’un changement de taille de fenêtre de fureteur), on s’est bien rendu compte que le texte était beaucoup trop petit!

Rien de mieux que de tester sur un appareil plutôt que de faire de l’émulation! On remarque alors plein de petits trucs auxquels on avait pas pensé (l’utilisation d’une interface tactile a aussi un impact non négligeable).

3. Ne présumez de rien

On croit, à tort, que certains comportements ou des habitudes de navigation sont si fortement ancrées que c’est la base même de tout. Vous vous trompez. Dans le cadre de nos tests, AUCUN utilisateur n’a utilisé le logo du site (le classique «Québec drapeau» du bandeau programme d’identification visuelle) sur mobile. Pour revenir à la page d’accueil, ils ont tous préféré utiliser la fonction de retour du navigateur (que j’ai moi même longuement cherché sur iOS…)

4. Vous devrez vous lever pour voir l’utilisateur en action!

Dans le test sur ordinateur standard, l’utilisteur avait son propre écran pendant que les observateurs voyaient une copie sur l’écran du portable utilisé pour le test. Cet aménagement n’était pas possible pour l’appareil mobile.

À moins que vous ne connaissiez un moyen de diffuser sur un écran (sans coûts ni trucs bizarres) ce que l’utilisateur fait, vous devrez vous lever et aller derrière l’utilisateur pour le voir travailler sur son écran. De plus, puisque le doigt de l’utilisateur est son principal moyen d’interagir avec l’interface, il nous faut voir celui-ci en action. Sur l’ordinateur standard, le curseur se déplace et on voit les gestes de l’utilisateur.

Ainsi, les observateurs doivent se lever et, petit hic, ça cause un léger inconfort au participant… il a plein de gens qui regardent derrière son épaule.

5. Vos participants DOIVENT être familiers avec la navigation sur appareils mobiles

Dans le cadre de nos tests, nous avons remarqué deux types fort différents d’utilisateurs: ceux qui utilisent parfois un appareil mobile pour naviguer, et les utilisateurs réguliers et expérimentés.

L’incidence est importante. Un utilisateur qui utilise de façon régulière un appareil mobile pour accéder à Internet aura une façon tout à fait différente d’utiliser le site. Il sera à même d’utiliser des fonctions de base de l’interface (ex. pinch in / pinch out) et connaîtra les conventions inhérente au design de sites pour mobile (du moins, les quelques conventions reconnues).

L’utilisateur moins habitué sera parfois surpris de certaines réactions de l’interface ou hésitera longuement (cette fameuse peur qu’ont les utilisateurs de «briser» le site)…

Encore une fois, ce que l’on veut tester, c’est le site, pas l’appareil. Si l’utilisteur n’est pas un habitué, il va hésiter par manque de connaissance et non parce que votre interface est problématique. Malgré tout, on doit reconnaître qu’une bonne proportion de nos utilisateurs finaux seront dans cette catégorie. On doit leur faciliter la vie, mais on ne peut pas les prendre par la main non plus…

Il faut donc être judicieux dans la proposition de correctifs. Certains seraient peut-être superflus car liés à cette inexpérience…

6. Planifier des scénarios spécifiques pour le mobile

Planifiez des scénarios pour l’appareil standard et d’autres pour l’appareil mobile, surtout si vous utilisez un prototype. Ça va vous permettre d’avoir le contrôle sur ce qui devra être mis en place dans le site.

Les scénarios hybrides vont nécessiter que le contenu soit à la fois optimisé pour le site standard et pour la version mobile… ce qui peut complexifier le travail dans le prototype. Bien que le site soit adaptataif (RWD – Responsive Web design), des ajustements devront être faits. Bref, simplifiez-vous le travail, faites des scénarios spécifiques pour le mobile!

Bref…

Faire des tests d’utilisabilité sur mobile n’est pas si différent de tests sur ordinateur standard ou bien un bon vieux prototype papier très basse fidélité. Suivez ces quelques conseils, et vous serez mieux préparés…

Comme il est si bien dit, peu importe le test, s’il y en a au moins un, c’est toujours mieux que rien du tout! De plus, c’est parfois surprenant ce que l’on peut apprendre à voir un utilisateur sur son site Web!

Ainsi, j’espère que ces quelques petits trucs pourront aider ceux qui auront à planifier des tests d’utilisabilité qui engloberont un volet sur appareils mobiles.

Utiliser un outil moderne dans un environnement qui ne l’est pas…

Depuis quelques semaines nous utilisons une tablette Microsoft Surface Pro au bureau comme outil de travail, principalement dans le cadre de réunions ou ateliers de travail. Nous avons aussi un iPad et une Nexus 10. L’utilisation des tablettes au travail fait partie d’une série de tests que nous faisons pour s’assurer du fonctionnement optimal de nos réalisations Web sur interfaces tactiles.

La tablette Surface de Microsoft est légèrement différente. De par l’utilisation d’un Windows 8 pro et la possibilité d’y installer une suite office complète et tous les autres outils nécessaires à notre travail, la tablette pouvait dès lors servir un usage plus élaboré.

L’avantage de la tablette Surface est sans contredit la possibilité d’installer des logiciels Windows réguliers, comme Axure, qui nous permet de faire du prototypage en ateliers de travail.

Pourquoi est-ce que je parle de notre expérience avec cette tablette? Ce n’est pas nouveau, le Web regorge de ce genre d’articles. Que vais-je pouvoir apporter de plus? En fait, ce dont je veux vous faire part est principalement mon utilisation quasi quotidienne d’un appareil moderne, de dernière génération, dans un environnement qui, lui, peine à suivre les développements technologiques. Nous avons donc vécu divers défis intéressants et ça nous permet de faire un «reality check» de cet outil dans un contexte réel d’utilisation.

Petite note, je ne critique pas la tablette Surface, je fais plutôt le constat de l’utilisation de ce genre d’outil dans un contexte de travail gouvernemental. Je ne veux pas que l’on pense que je fais du «MS bashing» ou autre.

L’appareil

La tablette que nous utilisons est une Surface Pro et non la version RT, qui n’aurait pas été très pratique, les logiciels réguliers ne pouvant y être installés. Sur cette tablette, nous avons installé la suite office 2013, quelques logiciels nécessaires à notre travail et, bien entendu, des fureteurs autres que Internet Explorer.

Notre commande initiale au groupe responsable des achats était pour une tablette, croyant à tort que le clavier était inclus par défaut (après tout, ils ne cessent de danser avec dans les publicités). Or, il s’avère que le clavier est une option… mais, sérieusement, ce n’est pas optionnel.

Nous avons profité de la présence d’un port USB sur l’appareil pour y brancher un clavier standard lors des réunions, le clavier virtuel étant… virtuellement inutilisable. Il prend une portion importante de l’écran et utiliser Word dans ces conditions est inconcevable. De plus, il n’apparaît pas automatiquement lors de la sélection d’un champ texte, il faut taper sur le petit bouton!

À titre indicatif, il existe une fonction de reconnaissance de caractère en utilisant le crayon. Je trouvais que c’était peu pratique d’écrire à la main sur la tablette alors qu’elle est branchée à un projecteur. Bref, cette fonctionnalité n’a pas été d’aucune utilité, je ne l’ai même pas testée et ce malgré qu’on m’ait rapporté que c’est assez puissant. À voir.

Ainsi, après quelques jours, nous avons commandé un clavier, celui qui vient avec la tablette et qui fait aussi office de protection. Première critique, il faut tenter de trouver la différence entre les deux types de claviers disponibles sur le site de Microsoft. Je croyais avoir commandé le plus facile à utiliser (type vs touch)… finalement, je serais curieux de voir l’autre. Il réagit au toucher (en tapant sur la touche), mais pas toujours. Le contraste physique entre les touches est faible, le positionnement des doigts est difficile. Mais c’est toujours mieux que le clavier virtuel!

Le clavier de la tablette nécessite un certain ajustement. Il est très mince et assez sensible au toucher… mais pas toujours!

Un autre problème rencontré est la connectivité. Il faut un adaptateur mini DVI pour brancher un écran sur la tablette si nous désirons faire une projection. On m’a dit que le format mini DVI est maintenant standard sur les portables récents… C’est là tout le problème, aucun adaptateur n’était disponible au bureau, sauf celui d’un consultant travaillant sur un Mac Book. Nous avons dû lui emprunter et nous devrons en commander prochainement.

Finalement, la tablette est très différente de toutes les autres que j’ai rencontré. Elle est très épaisse et assez lourde. Même que c’est inconfortable d’avoir à se déplacer avec. Les coins sont anguleux, ce qui est particulier.

Oh, j’oubliais, elle vient avec un stylet qui, faut l’avouer, n’ajoute pas grand chose à l’utilisation.

Bref, c’est une tablette bien différente…

L’utilisation

Dès la première utilisation, la tablette Surface sort un peu de l’ordinaire. Il faut dire que c’est Windows 8, qui n’est pas nécessairement facile d’approche. De plus, on doit avouer que c’est plus ou moins un système adapté à l’usage d’une tablette… c’est un genre d’hybride qui se cherche une identité…

Clavier

Bref, sans clavier, c’était une véritable catastrophe. Nous ne pouvions faire de saisie rapide, il fallait toujours ajouter un clic pour ouvrir le clavier virtuel, et un autre pour le refermer… M’enfin, pas dans tous les contextes, ça semble un peu aléatoire.

Il est difficile parfois de cliquer sur le bouton pour faire apparaître le clavier virtuel, l’icône étant minuscule, on vit souvent le phénomène des «gros doigts»…

Dès qu’un clavier (USB) a été branché, nous avons réalisé que nous utilisions la tablette «au clavier», sans exploiter l’interface tactile! Pis, nous avons commencé à rechercher une souris! La tablette surface est donc plus utilisable avec un clavier et une souris!

Une fois le clavier de la Surface arrivé, les choses ont changé. Nous avons pu l’utiliser de façon plus optimale et, de façon plus ou moins surprenante, c’est le pavé tactile qui prend le dessus sur l’interface tactile de l’écran. Encore une fois, on se demande quel est la plus-value de cette interface.

Projecteur

Nous avons branché la tablette à un projecteur, ce qui nous a bien fait rigoler. L’interface a été par défaut réduite à un écran de très petite taille, le ruban de Word prenant un tiers de l’écran, la «barre des tâches» l’autre tiers, ne laissant qu’un tiers pour le contenu! Soit quelques lignes.

Après s’être battu avec les configurations, nous avons réussi à l’utiliser dans un format 16:9 plus standard. Encore une fois, le manque de souris s’est fait remarqué (difficile de faire un clic droit avec un doigt sur l’écran).

Réseau

Au gouvernement, rares sont les endroits dotés de réseaux sans-fil. Nous en sommes encore aux bons vieux RJ-45… qui ne peuvent être branchés sur la tablette. Il devient donc impossible d’utiliser Internet ou le réseau interne de l’organisation sans Wifi.

C’est une limitation que nous avions déjà rencontré avec les autres tablettes. La Nexus 10 n’étant pas 3g, nous avions pris l’habitude de partager le réseau du iPad qui, lui, dispose de son accès. La tablette Surface dispose quant à elle d’un port USB, on peut alors y brancher une borne d’accès 3g, à condition de ne pas monopoliser le port par le claver!

L’autonomie de la tablette laisse à désirer. La réserve de la batterie a tendance à baisser assez rapidement, tout au plus 4h d’autonomie dans un contexte d’utilisation en atelier de travail.

Constat final…

Bref, la tablette Surface de Microsoft est un produit qui nous est très utile dans un contexte de réunions et de rencontres de travail, malgré ses limitations et ses drôles de réactions. Par contre, je dois dire que c’est loin d’être une tablette traditionnelle, pour avoir essayé la Nexus 10 dans le même contexte.

Sa force réside dans l’utilisation des outils de la suite Office, qui sont généralisés au gouvernement. Excel, Word, Power Point et autres logiciels de notre quotidien qui ne font pas partie de la suite Office sont utilisables comme sur n’importe quel portable.

C’est un outil doté des fonctions modernes, soit le port mini DVI, le Wifi, peu de prises USB, mais dans un environnement qui n’est pas moderne, on rencontre des murs qu’il faut tenter de franchir avec des méthodes parfois un peu tordues.

Je compléterai en disant que la tablette Surface n’est pas une tablette. Elle est inutilisable sans clavier disposant d’un pavé tactile. C’est un excellent ultra-portable et devrait être vendue en tant que tel. Elle est un peu trop avancée pour nos organisations, ce qui,ironiquement, pourra peut-être aider à faire avancer les choses.

Balkanisation 2.0

Depuis quelque temps je travaille pour des clients qui doivent se positionner sur une approche pour mobile de l’ensemble de leurs services Web. On parle ici d’une organisation gouvernementale, alors vous comprenez qu’il faut rejoindre le plus de gens possible avec toutes les contraintes qui viennent avec (et d’autres que vous ne pouvez même pas imaginer!).

Or, depuis le début de ces travaux, nous discutons des approches en vigueur actuellement, soit principalement le «Responsive design» et l’option du site mobile (mobi.quelquechose.com ou m.truc ou truc.mobi, m’enfin, ce que vous voudrez). Il s’agit ici de deux approches technologiques, mais aussi idéologiques qui s’affrontent.

Le responsive design prône une adaptation du contenu d’un site pour des largeurs d’écrans spécifiques alors que l’approche d’un site mobile favorise la création d’un site distinct (ou de gabarits distincts) destinés aux mobiles. Bien qu’en apparence semblables (je vous le jure, je vais le faire bientôt mon article pour EGouvQuebc sur le sujet!), ces deux méthodes sont fondamentalement bien différentes.

Mais avant d’élaborer plus, parlons du passé…

Balkaquoi?

Pour les plus vieux d’entre-vous (web parlant), vous vous souvenez des merveilleuses années ’90, où le Web avait deux couleurs, soit celle de Netscape ou d’Internet Explorer. C’est à ce moment que l’expression «balkanisation du Web» a commencé à faire son apparition. On parlait d’une approche où il y avait des sortes de clans, soit ceux de Netscape et ses standards, puis IE et les siens… les deux n’étant pas compatibles (souvenez-vous du <blink> qui ne fonctionnait que dans Netscape — une chance!).

Heureusement, cette époque est révolue. Les standards Web ont été adoptés et tous s’entendent que, pour le bien commun, nous devons avoir des sites qui sont multi-fureteurs et qu’on ne devrait pas discriminer l’un par rapport à l’autre… du moins, jusqu’à maintenant.

Balkanisation 2.0, c’est reparti!

Ça prenait XKCD pour vous démontrer l’effet de la balkanisation. Voilà, vous avez un appareil mobile, donc, en tant que designer ou responsable de site, je décide pour vous ce que vous verrez sur mon site. Voilà. C’est dit.

Bref, si vous avec un appareil mobile, je vous redirige vers le site mobile. J’ai décidé que vous voulez une carte, que vous voulez tel truc mais je ne vous donne pas le reste, vous n’en avez pas besoin. Oh, et comble de bonheur, même si vous accédez directement à une page de mon site par Google, je vois que vous être sur mobile, alors je vous ramène à ma page d’accueil, elle est si jolie sur votre tablette 10 pouces! :-p

Malgré les statistiques, les tests d’utilisabilité, et toute l’expertise dont vous ferez preuve, il est virtuellement impossible de savoir tout ce qu’un utilisateur fera sur un mobile versus un poste de travail dit «régulier». Le «contexte d’utilisation du mobile» peut être trompeur dans le design d’une approche mobile.

LukeW l’a bien dit pendant sa conférence au WAQ, plus de 2600 voitures sont vendues sur eBay par mobile! Les gens utilisent leur mobile pour faire des choses spécifiques, oui, mais aussi pour faire des usages réguliers du Web, comme sur un gros ordi…

Comme le dit si bien Mark Kirby, cité plus haut, la seule chose dont on est vraiment sûr, c’est que l’utilisateur a un écran plus petit.

Non, mais, où veux-tu en venir, là?

Je vais laisser parler Victor Brito, il résume bien le noeud du problème:

L’émergence du Web mobile a poussé certains développeurs de sites (pas tous, Dieu merci !) à proposer des « versions mobiles » distinctes des « versions normales » consultées sur un écran d’ordinateur classique. C’est contre cette deuxième balkanisation du Web, pour ainsi dire, que ce site veut faire campagne, d’autant que, comme le dit si bien Tim Berners-Lee : la nature du Web est son universalité. Or, dans universalité, il y a la notion de tout, mais aussi, d’un point de vue étymologique, la notion de ce qui est tourné vers un. Il n’y a qu’un seul Web et il doit être offert à tous, quels que soient les supports de consultation utilisés ou les handicaps éventuellement rencontrés.

Victor Brito, 2011

Par pitié, nous ne voulons pas revivre les expériences de la fin des années ’90, où nous maintenions des sites pour un fureteur et un autre. Il faut éviter qu’une telle situation se reproduise avec les sites pour mobiles. Il existe des méthodes, comme le Responsive design, bien que ce ne soit pas la panacée, qui peuvent nous aider à éviter les écueils.

Donnez accès au contenu de l’ensemble de votre site sur mobile, mais améliorez l’affichage pour un petit écran (changez les boîtes de place, cachez les pubs si vous voulez). Ne créez pas un site en parallèle qui lui sera une version édulcorée, limitée, rachitique de votre site. Pourquoi je ne pourrais pas voir la page que j’ai vu sur votre site cet après-midi avec mon ordinateur de bureau??

Il n’y a pas de Web mobile

There isn’t a second Web specifically for mobile devices. It’s all the same Web just as accessed by mobile devices. We use the term “mobile Web” as a shortcut for this concept. But even the words we use can influence our thinking and frame our discussions.

LukeW, septembre 2011

Il est impossible de voir comment se dessinera l’avenir. Si on décide de discriminer nos visiteurs qui utilisent un mobile et leur impose un site aux fonctions moindres ou différentes, on fait le choix pour eux, on ne leur laisse même pas la possibilité de décider eux-même.

De plus, comment peut-on caractériser ce qu’est un mobile? Une tablette, c’est un mobile? la 7 po et la 10 po? et les nouveaux padphones qui s’en viennent? C’est des tablettes ou des mobiles?

Bref, personne ne peut prédire ce qui se passera dans 1 an ou plus. On a des idées, et c’est tout. L’approche Responsive design est intéressante actuellement (malgré ses défauts) et probablement que quelque chose de nouveau la remplacera prochainement, on verra.

Alors, de grâce, évitez d’ostraciser les utilisateurs de mobiles. Offrez-leur plutôt une interface adaptée, mais ne les limitez pas. Soyez FutureFriend.ly!