Journée charnière

Aujourd’hui est ma dernière journée au gouvernement d’ici 2012, si tout va bien. Je quitte pour une sabbatique et vais aller travailler au fédéral pour un bout, puis je verrai par la suite (j’ai quelques mois sans emploi, on verra…).

Je me permet donc un petit bilan de ces années passées au gouvernement, je regarde derrière pour mieux me préparer vers l’avant.

Mes débuts

Ainsi, quand je suis arrivé au MSP, en 2001, c’était comme technicien. Je venais à peine d’avoir mon poste permanent, le PIV venait tout juste d’être approuvé (avec des normes qui, déjà, étaient dépassées), on avait le tout nouveau et rutilant (pour l’époque) IE6. Bref, c’était une période qui annonçait de gros changements.

On commençait à voir un intérêt pour les normes et standards Web. J’ai alors connu des gens comme Benoît Girard, qui organise les WebÉducation, Sylvain Carle, Denis Boudeau (cybercodeur à l’époque) et j’ai appris beaucoup de ces personnes.

Des présentations et une implication…

En 2002, j’ai ouvert ce blogue, où je continue encore à publier de temps en temps. J’ai aussi changé de statut, pour devenir professionnel. Bon, pour le commun des mortels, ça ne change pas grand chose, mais mes collègues du gouvernement vont comprendre.

J’ai approché Benoît pour faire des présentations au WebÉducation, j’ai commencé à m’impliquer sur la liste des Webmestres, j’ai participé à des comités interministériels, bref, je voulais faire avancer les choses.

Mes premières présentations traitaient des normes Web, les CSS et le Web en général. Je ne sais plus combien de fois je me suis retrouvé en avant au WebÉducation (sans blagues). Par la suite, le Web ayant changé, on parlait moins de normes, plus de Web social, d’analytique Web, d’utilisabilité

Je sentais que je pouvais peut-être faire une petite différence, faire bouger les choses. Nous avons engagé des stagiaires, j’ai même formé des collègues d’autres ministères en les prenant en stage au bureau. Plus il y a de gens qui savent bien utiliser le Web, mieux le gouvernement se portera.

Au début, je travaillais surtout sur le design de systèmes, comme web designer puis comme spécialiste de l’expérience utilisateur. Je faisait surtout des CSS et les gabarits HTML et, plus tard, j’ai bifurqué vers les wireframes, architectures de contenu, tests d’utilisabilité et autres sujets palpitants.

En 2006, gros changement, mon équipe se retrouve responsable du Web pour les organismes ministériels. Je deviens donc chargé de projet et dois sélectionner un CMS pour le MSP. On fait une étude et on choisit TYPO3. Depuis, nous avons une trentaine de sites montés sur ce produit.

Un point culminant

Depuis 2007, mon équipe n’est plus impliquée dans le développement de systèmes au ministère, nous ne faisons que du Web informationnel. C’est dommage, mais nous avons eu un projet pour nous occuper: la refonte du site ministériel.

Ce projet a été le point culminant de ma jeune carrière. Je crois que c’est un succès. Il a été bâti sur d’autres succès, comme le site Internet du Bureau du coroner.

Tout y est passé: la gestion de projet, l’utilisabilité, l’enquête utilisateur, l’intégration Web, l’accessibilité. Bref, ça a été une occasion superbe pour mon équipe et moi d’apprendre et de mettre en pratique nos connaissances, de prouver nos compétences.

Un besoin de changement

Depuis, je dois avouer que c’est un peu moins excitant. Le site a été mis en ligne en avril dernier, mais peu de projets sont venus par la suite. Nous connaissons tous le contexte gouvernemental actuel, avec les limitations budgétaires et les réglementations plus lourdes, ce qui limite grandement le développement du Web.

J’en étais rendu à une période charnière. Je devais voir ailleurs, faire autre chose pendant un certain temps. Une sabbatique était donc toute indiquée et je reviendrai en 2012 avec un nouveau bagage et, peut-être que, d’ici-là, les choses vont reprendre tranquillement.

Le Web me tient à coeur, surtout au gouvernement. On pourrait tellement faire plus! Je souhaite continuer dans la même veine et faire avancer les choses.

Mais pour l’instant, je prend une petite pause…

CSS Summer Refresh 2010

Comme vous avez pu le remarquer, j’ai fait un petit rafraîchissement de mon blog au cours de l’été… disons que la rouille commençait à prendre dans le bas des portes… J’ai profité du concours CSS Summer Refresh 2010 de Alsacréations pour me donner le petit coup de pied au derrière qu’il me fallait.

Ainsi donc, je vous invite à aller voir les sites en lice, dont certaines sont vraiment très intéressantes, et à voter pour celles qui vous plaisent le plus. Si c’est la mienne, tant mieux, mais je ne m’en offusquerai pas si ce n’est pas le cas 😉

Un nouveau visuel pour Gou blog!

Avec la période estivale vient parfois le besoin de rafraîchir un peu, comme lorsque l’on se lance dans les rénovations. Eh bien, j’ai décidé de passer un coup de rouleau sur le visuel de mon blogue…

J’ai repris la Beetle, qui représente en fait mon intérêt pour ce type de bagnoles (j’en ai eu une pendant 15 ans… j’ai dû m’en départir en 2008). L’image est en fait un dessin vectoriel réalisé dans le cadre d’un cours universitaire. J’ai repris une publicité de Volkswagen des années ’60

Personne n'est parfait!
La publicité de Volkswagen des années ’60 ayant inspiré le visuel de mon blogue; Personne n’est parfait, hein?

Je voulais aussi permettre une lecture plus facile du contenu de mon blogue, en améliorant le contraste et en grossissant les caractères. En élargissant aussi la colonne de contenu, ça cause moins de problèmes avec les images et le code.

Mon blogue est un laboratoire, j’en ai donc profité pour mettre le DOCTYPE du HTML 5… Dans le fond, pourquoi pas? Je vais aussi essayer certains trucs de CSS3 éventuellement…

Le nouveau visuel est un «work in progress», alors des choses risquent de changer. Mais disons que ça fait du bien de rafraîchir un peu!

Refondre un site ministériel, partie 3: le design

Dans ce troisième volet, après avoir parlé techno et gens, voici que je vais parler de design. Le nouveau site du ministère de la Sécurité Publique est, à mon sens, l’un des sites ministériels les plus osés sur le plan visuel. Ok, on parle toujours d’un site corporatif, pas d’une firme de design avec plein de trucs expérimentaux, mais on a fait un bon bout de chemin, surtout si on compare avec l’ancienne version… Travailler sur un tel design a été tout un défi pour notre équipe interne. Je vous partage donc certains points de vue et des orientations qui ont guidé nos choix… ou nos limitations!

Trouver une orientation

Avant de me lancer dans les explications détaillées sur les choix visuels, je crois qu’il faut mettre la table sur la culture de l’organisation et l’historique, ainsi que sur les diverses orientations que devait prendre le design du site.

Faire un visuel pour un site ministériel n’est pas une mince tâche, contrairement à ce certains pourraient peut-être croire. C’est un site corporatif, donc administratif, vu par des milliers de personnes, payé par les fonds publics et qui transmet l’image du gouvernement. Bref, on marche sur des œufs. Le processus décisionnel est lourd et tous les niveaux de la hiérarchie ont leur mot à dire. De quoi donner des maux de tête à n’importe quel designer!

Visuel de l'ancien site ministériel
L’ancienne page d’accueil du site ministériel.

De plus, l’équipe de projet voulait trancher avec le visuel de l’ancien site. Il se faisait vieillot et avait besoin d’être rafraîchi considérablement. Il y avait déjà eu, par le passé (plusieurs années), un travail de recherche d’image pour le ministère et il a toujours été difficile de représenter les quatre grands secteurs, soit la police, la sécurité incendie, le correctionnel et la sécurité civile. Les susceptibilités de chacun et le désir d’être présenté prévalait sur la qualité graphique, ce qui pouvait facilement mener à une «pizza graphique».

Daniel lafrenière, dans le cadre de l’enquête utilisateurs, a remarqué que peu de gens connaissaient l’organisation. Il y avait de la confusion sur la mission et les rôles. Par exemple, peu de gens savaient que le ministère gère les centres de détention. C’est alors que nous devions nous poser la question qui tue: «Quelle orientation prendre?». Voici nos deux choix:

  • Présenter le résultat de l’action du ministère, soit un environnement sécuritaire ou;
  • Présenter ce que l’on fait, nos gens, notre réalité.

Pour prendre une telle décision, il fallait regarder plus large que juste notre organisation. Dans toute conception, on regarde les concurrents. Mais un ministère, ça n’a pas de concurrents, hein? En fait, pas au sens propre, mais on doit se démarquer; de quoi? l’erreur la plus commune dans ce cas ci est de vouloir se démarquer de nos semblables des autres «états»: sécurité publique fédérale, Ontarienne, des États-Unis… Dans les faits, les gens qui accèdent au site ministériel vont généralement avoir à accèder à d’autres sites du gouvernement du Québec. Il faut donc que le ministère se démarque des autres M/O, avoir un site avec une identité assez forte visuellement pour qu’on puisse aisément le reconnaître parmi d’autres.

La première piste, soit de montrer le résultat de l’action ministérielle par un environnement sécuritaire, est généralement illustrée par des gens heureux, qui n’ont pas de soucis ou de problèmes. Des citoyens qui vivent au Québec et sont biens. Or, cette approche est très commune. Présenter des gens heureux, dans un environnement sécuritaire, des petites familles aux enfants joufflus, c’est un peu déjà-vu. On a de la difficulté à faire la différence entre le ministère de la Sécurité publique et n’importe quel autre… Montrer des citoyens heureux, ça ne montre pas ce que fait l’organisation.

Or, le MSP a la chance d’être un ministère avec une image forte: des uniformes (pompiers, services correctionnels, policiers), de l’action, des images d’événements… C’est une piste nettement plus prometteuse et engagée que de faire appel à des banques d’images montrant des gens heureux. Il y a tant d’images qui viennent en tête lorsque l’on parle des secteurs que nous ne pouvions passer à côté d’une telle opportunité. C’est ainsi que le choix d’une approche photographique, où sont montrées les vraies choses, les événements, les uniformes, la réalité a pris le dessus. C’était un pari risqué, vu la difficulté de se procurer les photos et la sensibilité de certaines d’entre-elles. Malgré tout, c’était là le meilleur moyent pour démystifier l’action et le rôle du ministère de la Sécurité publique. Et je crois que c’est réussi!

Silos?


On voit le lien entre la structure administrative et la navigation dans le site, situation particulière au MSP due à la mission et aux secteurs d’activitées.

Ok, je sais, sur la page d’accueil du site, on voit d’emblée la structure administrative. C’est mal. On ne cesse de répéter que la structure administrative ne doit pas être visible sur le site, on s’adresse à des gens qui ne connaissent pas l’oranisation. Ben… comme le disait si bien Michaël Carpentier, le ministère est assez différencié pour que les entités administratives (disons silos, c’est plus court) soient assez différents pour la clientèle. Dans le fond, si quelqu’un veut de l’information sur les pompiers, ben, il va aller dans la section appropriée, peu de chances qu’il aille dans la section dédiée au correctionnel… (M’enfin, je sais qu’on pourrait être surpris parfois.)

C’est assez rare que la structure de l’organisation colle si bien à la structure de l’information. Bien entendu, il a fallu tout de même regrouper certaines choses et effacer la structure administrative dans chacun des silos, je dirais que c’est un «work in progress», mais ça avance…

Maquettes schématiques sur tableau blanc
L’atelier a permis de mettre en place les éléments de la page d’accueil su site.

Pour la navigation, nous avons donc, lors d’ateliers avec l’équipe de Zengo, décidé de mettre les deux approches de l’avant, soit une navigation par profils («Vous êtes») et par secteurs. Nous voulions aussi donner une présence forte à l’image, la photographie dans les gabarits de page. Rares sont celles qui proviennent de banques d’images, la plupart étant produites à l’interne.

Le design…


Les images des secteurs présentent en filigrane du texte provenant de la déclaration de services aux citoyens.

Les photographies sont traitées, je l’avoue (voyez ici le manque de surprise de l’auditoire). Nous nous permettons certains ajustements de contrastes et de teintes pour augmenter certains effets. Les textes en filigranes sont apparus en cours de travail de conception, en équipe. Les phrases ou expressions sont issues de la déclaration de services aux citoyens… c’est une idée intéressante sortie par un stagiaire au cours de l’été! Simple, mais brillant!

Mettre des couleurs dans un site ministériel n’est pas une mince chose. Pourquoi? très simplement la bande bleue du PIV qui est très forte et qui impose une palette malgré elle. La majorité des sites des M/O sont bleus, ou dans des variantes de bleu ou de gris. Bien entendu, certains se démarquent, mais ils sont rares. Nous voulions avoir une coloration plus contrastée et devions faire attention aux associations de couleur (rouge pour incendie, bleu pour police, vert/brun pour SQ…). Notre choix s’est donc tourné vers le orange, reprenant ainsi la couleur de l’ancien site, mais avec un peu plus de punch (ouais, ok, il y a du orange et du bleu dans le sigle de la sécurité civile, je sais).

Là où le bat blesse, c’est le format. Ouin, bon, ok… on a conçu le site pour les écrans de 1024 pixels de large et plus. Le site est vraiment conçu pour une consultation sur un poste de travail et ne vise pas les appareils mobiles (du moins, pas pour l’instant). Je sais, c’est un peu limitatif, considérant qu’il y a maintenant des appareils mobiles qui permettent un affichage décent des sites Web. Or, si on regarde bien nos statistiques, nous avons un mirobolant… 200 visites par mois par mobiles, sur un total de 46 000. Bref, c’est encore assez marginal. Va tout de même falloir penser à ça éventuellement… Parlant de mobiles, près de 70% sont des iPhones/iPods… alors notre animation Flash en page d’accueil fait patate… à corriger aussi éventuellement (HTML5?).


Le PIV sans image (blanc) devient une pratique répandue dans le design de sites ministériels.

Pour ce qui est du PIV, je dois avouer que nous avons eu un certain débat interne, à savoir, le mettons-nous «blanc» (pas d’image au dessus de la bande bleue) ou non. Personnellement, je préfère, et de loin, le PIV blanc. C’est en fait une tendance lourde, la majorité des sites gouvernementaux prennent cette «nouvelle» approche épurée. J’en ai déjà parlé dans un autre billet. C’est tout à fait légal et accepté, selon les règles du PIV. Je dirais que ça permet de se réconcilier avec le PIV…

Utilisabilité

Le site a fait l’objet d’un test d’utilisabilité avant sa livraison, mené par l’équipe de projet interne. Ces tests nous ont permis de réaliser que plusieurs petits problèmes s’accumulaient et nuisaient à la navigation. Nous avons corrigé plusieurs de ces erreurs. Le site fait l’objet d’une amélioration continue de façon à améliorer son utilisation et il va certainement évoluer avec le temps.

La bande Vous-êtes... dans le site
La bande «Vous-êtes…» n’est pas encore tout à fait au point, quoi que très utile selon les tests et nos statistiques.

La bande «Vous êtes» est un exemple de composant qui devra probablement être amélioré car elle est souvent sujette à débats. Sa forme actuelle est déjà nettement améliorée par rapport à celle de départ, suite aux tests d’utilisabilité. Je ne pourrais pas dire que c’est sa forme finale non plus, nous prévoyons y apporter des améliorations notoires éventuellement. Elle n’est pas nécessairement intuitive, mais je crois qu’elle a une grande utilité, soit le repérage rapide d’information destinée à un public cible précis. Par exemple, les pages les plus visitées du site sont des bottins et nous devions trouver des liens sur la page d’accueil, sans surcharger celle-ci.

Un problème plusieurs fois rencontré dans le site est le phénomène du «banner blindness». Les éléments à avoir souffert de ce phénomène pendant les tests est sont le lien «Carrière» en page d’accueil et la bannière de navigation orangée sous le PIV dans les pages de contenu. Ce constat nous a plutôt surpris et nous avons dû apporter de grandes modifications pour améliorer la visibilité et l’utilisabilité des deux éléments. Encore une fois, il y a place à amélioration, mais je crois que c’est déjà mieux.

Alors, qu’en est-il du design?

Réaliser le design graphique du site du ministère de la Sécurité publique a été tout un défi pour l’équipe interne. Nous étions 5 designers (dont deux stagiaires) à avoir «brainstormé» et soumis des propositions au cours de l’été 2009 et c’est la maquette présentée par Évelyne Lafontaine-Morin qui a été retenue. Le concept a évolué au cours de l’intégration du contenu mais l’essence est restée la même. Je lui prédis une belle carrière!!

L’équipe de direction du projet a aussi joué un rôle important dans le processus d’approbation du visuel. Accepter de passer d’un site essentiellement textuel à une version plus photographique a été un bond énorme pour l’organisation. Mais il ne faudra pas en rester là…

Le prochain (et dernier billet) sur la refonte du site du MSP traitera justement de ce qui est prévu comme amélioration pour le site ainsi que l’intégration du Web 2.0 et quelques autres nouveautés. Entretemps, je vous invite à me laisser des commentaires si le cœur vous en dit!

Faire une refonte de site ministériel:

Refondre un site ministériel, partie 2: les gens

Suite au lancement du site du ministère de la Sécurité publique, je partage mon expérience en tant que chargé de projet d’un dossier d’une relative envergure en espérant aider ceux qui auront à faire le même boulot prochainement.

Dans le premier volet, je traitais des technologies qui ont supporté le projet et sont derrière le nouveau site. Maintenant je vais parler des gens, des rôles et des tâches qui ont dû être effectuées pour mener à bien le projet. Bien que ce soit plus de 1000 jours personnes, peu de gens ont été impliqués directement (équipe de développement), mais plusieurs ont gravité tout au long du processus. Voici donc ce second volet.

Faire à l’interne, aide de l’externe

Une décision qui a eu un impact majeur sur les coûts et l’implication des gens, c’est de faire le maximum de travail par l’équipe interne du ministère. Souvent, dans ce type de projet, les contrats sont donnés à forfait, ou «clé en main», avec une série de livrables, mais ce n’était pas le choix de l’organisation.

Nous avions une équipe forte, bien formée et prête à prendre le dossier sur ses épaules. Par contre, nous savions que de l’aide externe de spécialistes pour certains aspects du projet ne serait pas de trop. C’est l’orientation choisie.

L’appel d’offre avait donc cette teneur. Nous voulions de l’aide précise pour:

  • L’enquête utilisateur;
  • L’architecture de contenu;
  • La rédaction Web;
  • La gestion du changement;
  • Le développement TYPO3.

Je répète, c’était de l’aide, pas nécessairement du tout fait. Ça a donné des réponses assez intéressantes de la part des firmes, soit des consortiums. Les gagnants étaient Infoglobe (Yannick Pavard et Michaël Miousse principalement), avec Zengo (Michaël Carpentier et Alexandre Camden), Daniel Lafrenière et GP3 (Cécile Baraillé).

Nous avions donc des spécialistes pour travailler avec nous, qui allaient nous aider à réaliser le projet. Je détaille plus loin le rôle de chacun. L’équipe interne n’était pas sans restes non plus. Parlons-en.

L’équipe interne

On peut dire que l’équipe interne est divisée en trois groupes:

  1. Équipe de projet (techno);
  2. Équipe de pilotage (communications);
  3. Équipe cliente (directions génréales [DG]).

L’équipe de projet est celle de la Direction des technologies de l’information (DTI). Nous étions les responsables du projet, pour tout ce qui touchait la technique et la gestion du projet. Nous avions une graphiste (Évelyne Lafontaine-Morin, qui nous a quitté pour d’autres cieux), une intégratrice, un développeur PHP/TYPO3, un webmestre technique et moi (rôle parfois difficile à définir…).

L’équipe de pilotage, ce sont les communications, ceux qui ont à alimenter et maintenir le contenu dans le site. De leur côté, il y avait la chargée de projet et une équipe d’intégration de contenu. La pilote du projet faisait le pont avec l’équipe cliente, soit les représentants des DG et la haute direction.

L’équipe cliente était composée de représentants des différentes DG et étaient responsables de certains volets contenu du site ministériel. Ils devaient faire la révision, la validation et/ou la rédaction des nouveaux contenus ou participer aux rencontres d’enquête utilisateurs. On compte près d’une trentaine de personnes au total.

Communication entre équipes

Il y avait une communication interne constante entre chacune de ces équipes. Nous avons tenté la création d’un blogue interne, mais je l’avoue, malgré ma verve et ma ferveur sur le sujet, ça a été plutôt difficile. Nous l’avions créé en extranet au début, puis transféré en intranet, mais il était trop tard. La culture interne nous ayant rattrapé, l’utilisation du blogue s’est avérée très peu convaincante.

Il aurait fallu faire une alimentation plus fréquente du blogue et annoncer les mises à jour aux intervenants du projet (toutes les équipes). Un autre gros problème était que les représentants externes n’avaient pas accès au blogue s’ils n’étaient pas dans le réseau. C’est pourquoi nous l’avions mis en extranet, mais le mot de passe en rebutait plusieurs. Bref, une accumulation d’erreurs qui ont fait tomber l’idée dans l’oubli.

Nous avons donc favorisé la méthode traditionnelle. Une fois semaine, les trois chargés de projet (pilote, chargé de projet de la firme et votre humble serviteur) se rencontraient pendant 45 minutes où on réglait nos trucs. En parallèle, dans l’équipe techno (interne), on se rencontrait deux fois semaine pendant 15 à 20 minutes pour faire le point, en répondant à ces questions:

  • Qu’avez-vous fait depuis la dernière rencontre?
  • Qu’allez-vous faire d’ici la prochaine?
  • Qu’est-ce qui vous bloque?

Ces rencontres se sont avérées fort utiles. Nous avons pu cibler des goulots ou des problèmes et les régler rapidement. Elles se continuent malgré la fin du projet.

Enquête utilisateur

L’enquête utilisateur est le seul livrable qui a été fait «clé en main». C’est Daniel Lafrenière qui en avait la charge. Il a fait des entrevues avec plus de 40 employés du ministère qui sont en contact régulier avec la clientèle. Les constats ont été fort utiles pour le reste du projet.

Ces entrevues ont permis de créer des personnages, des profils types de clients du ministère. Nous pouvions donc plus facilement cibler ces gens — c’est ce qui a mené à la création du «Vous-êtes» dans le site. Nous nous sommes aussi servi de ce livrable pour la création des tests utilisateurs.

Dix profils types ont été ciblés, où Daniel a ciblé les déclencheurs pour entrer en contact avec le ministère et les objectifs de la visite. Par exemple:

Citoyens sinistrés

Déclencheurs
Urgence (p. ex. : niveau d’eau qui monte)
Inondation à la suite de pluies diluviennes ou de la fonte des glaces.
lissement de terrain.
Évacuation (p. ex. : événements d’Oka).
Réception d’un chèque.
Objectifs
Savoir :

  • S’ils sont admissibles à la suite d’un sinistre.
  • Ce qu’ils peuvent faire réparer.
  • Quel montant le Ministère va leur donner (à la réception du rapport de dommages par l’expert).
  • Les prochaines étapes au cours des prochaines heures, semaines, mois, années suivant un sinistre.
  • Quelles documents produire avec leur réclamation.
  • Comment compléter le constat de dommages.

Architecture de contenu et rédaction Web

Le volet architecture de contenu et rédaction Web a été fait conjointement avec la firme Zengo. Dans le but de bien déterminer comment classer le contenu, nous nous sommes basés sur les travaux de Daniel, mais nous avons intégré une vingtaine de personnes du ministère responsables des différentes directions générales.

Les constats étaient parfois surprenants. Certaines informations demandées par les gens ne pouvaient simplement pas être diffusées ou n’étaient carrément pas disponibles, ou encore nous avons des obligations de diffusion d’infos qui, on doit l’avouer, intéresse très peu les visiteurs!

Cette implication des gens des DG a eu un impact que je crois fort positif sur le déroulement du projet. Les gens se sentaient ainsi plus impliqués que s’ils avaient eu seulement à donner des commentaire sur un livrable produit par une firme.

Le développement

Pour ce qui est du volet développement du site (fonctionnalités, configurations, gabarits…), nous avons pris l’option de faire le plus de travail possible à l’interne et d’utiliser les ressources externes en appui pour les tâches plus complexes ou qui demandaient une expertise que nous n’avions pas.

Cette approche nous a permis de nous concentrer sur ce que nous connaissions bien, de nous assurer que le travail était fait à notre façon et la firme nous offrait un support pour complémenter ou améliorer nos façons de faire. Encore une fois, pas de clé en main, mais plutôt un travail conjoint, nous sommes donc en maîtrise de ce qui a été livré.

Le développement TYPO3 était parfois assez élaboré. Par exemple, nous devions faire un lien avec des Bd Oracle pour alimenter des bottins, mais nous voulions que les bottins soient assez versatiles pour être utilisés autrement. Cette complexité s’est traduite par une extension très poussée développée par Michaël Miousse, à laquelle il a ajouté le volet géomatique (Google Maps, et éventuellement probablement la géomatique ministérielle).

La gestion du changement

Un volet souvent oublié dans le cadre d’un projet, c’est la gestion du changement. C’est la direction des communications qui a proposé d’ajouter ce pan de mur dans l’appel d’offres, et je dois avouer que ça nous a été fort utile.

Il fallait connaître le processus de diffusion de l’information actuel et voir comment l’améliorer à l’avenir. Bien que cette tâche ne soit pas encore tout à fait complétée, nous avons pu mettre en place certaines propositions énoncées.

De plus, modifier un site comme le nôtre a des impacts à divers niveaux, principalement sur les personnes qui sont habituées de fonctionner d’une certaine façon. Le plan de gestion de changement proposait des façons de faire pour minimiser les impacts. Bien entendu, les impacts sont toujours là, mais on a pu éviter certain contrecoups.

Vous comprendrez que ce n’est pas là ma spécialité et que je suis un peu embêté de pousser plus loin les détails…

Cohésion des équipes

Finalement, s’il est un point majeur dans le cadre du projet que nous devons relever, c’est la cohésion des équipes de travail. Pour la première fois, les deux équipes Web (communications et informatique) ont dû travailler ensemble pour livrer un produit conjoint. L’occasion ne s’était pas présentée avant.

Encore maintenant, les impacts sont présents car il y a plus d’échanges entre nous. Bien entendu, il y a des irritants, des problèmes, mais les communications sont nettement plus grandes. Bon, il faut dire que nous (l’informatique) n’étions pas tellement impliqués dans l’ancien site… m’enfin.

Je crois qu’il est important, pour un projet d’une telle envergure, d’avoir un maximum de participation des réalisateurs, des gens sur le plancher. Ce sont eux qui seront la locomotive une fois le site en ligne, qui proposeront des nouveaux contenus, qui voudront améliorer le site, y travailler car ils sente qu’ils font partie du site. Ils en récupèrent une partie de la propriété.

Bref, bien que rien ne soit parfait, je crois qu’on a réussi un tour de force majeur en faisant participer une quarantaine de personnes (peut-être plus), internes ou externes au projet.

Faire une refonte de site ministériel: